Assises du Hainaut: Gaetan Minne craque, il avoue avoir versé de l'essence et bouté le feu qui a tué 5 personnes

Confronté aux experts incendie, Gaetan Minne a fini par dire la vérité devant les assises du Hainaut, ce mercredi : il a bien versé de l’essence dans l’escalier qui relie le rez-de-chaussée à l’étage de la maison 84 de la rue de Zone à Marchienne-au-Pont, le 22 juin 2015 au matin, avant de bouter le feu.

Il n’a pas contesté non plus les menaces lancées dès le 4 juin 2015 à la mère de ses enfants. Il avait déjà pensé à mettre le feu quand il a écrit qu’elle danserait avec Lucifer et qu’elle suffoquerait. "Je ne pensais pas en arriver là mais j’étais furieux quand elle a refusé de me parler", a déclaré l’accusé.

Lundi, il avait raconté qu’il avait emmené un seau à l’étage et qu’il avait joué avec un cintre enflammé au dessus du seau, afin de faire peur à Cynthia Van Reusel, la mère de ses quatre enfants qui refusait de lui parler. Une braise aurait mis accidentellement le feu au seau. 

La thèse de l'accident anéantie par les expertises 

Sa thèse a été balayée par un expert en incendie qui a confronté, ce mercredi, cette thèse à des tests effectués par les pompiers de Charleroi. L’expert est formel, l’accusé a versé une quantité importante d’essence sur le plancher du premier étage, où dormaient sa belle-mère et ses quatre enfants. 

Pour l’expert, tout s’est enflammé très vite et Cynthia Van Reusel, dans un geste désespéré, a pris sa fille dans les bras pour la jeter par la fenêtre. "C’est une miraculée", a commenté le médecin légiste qui n’a relevé qu’une fracture du poignet gauche et des contusions sur le corps de la fillette. La petite fille se porte mieux aujourd’hui.

Il avait déjà bouté le feu à des poules

Gaetan Minne a passé une sale journée. Sa vie a été passé à la loupe par les enquêteurs qui ont découvert qu’il avait déjà été inquiété par le tribunal de la jeunesse pour un incendie, qu’il avait bouté le feu à des poules, qu’il avait des antécédents judiciaires pour mœurs et qu’il n’a pas fait grand chose de sa vie. Les policiers qui l’ont retrouvé couché dans sa voiture, en septembre 2015, dans le bois de Beaumont, ont aussi remarqué la présence d’un chaton dont les moustaches étaient brûlées. L’accusé aimait bien jouer avec le feu.

Pour l’avocate général, Ingrid Godart, la magie des assises a opéré. "C’est grâce à la précision de l’enquête et des témoignages, à l’oralité des débats, qu’une vérité a vu le jour. Nous avons pris le temps et l’accusé a pu se remettre en question, ce n’est pas rien. Tout ça n’est possible, et j’ai la faiblesse de le croire, qu’aux assises", a-t-elle commenté alors que l’institution est menacée de mort. 

Sujet du JT 13h de ce jeudi 04 mai:

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