A Tournai, un "café deuil" pour surmonter le décès d'un proche : "Si vous gardez votre chagrin en vous, il va vous ronger"

C’est un rendez-vous pour partager sa douleur. Chaque premier lundi du mois, ceux qui en ressentent le besoin peuvent pousser la porte du "café-deuil". Autour de la grande table ovale, les oreilles attentives et les regards bienveillants de bénévoles apportent un soutien moral parfois indispensable.

Certaines personnes qui parlent pour la première fois de leur deuil ne sauront quasiment rien dire et pleureront pendant une heure. 

Ce lieu de parole hébergé dans les locaux de la plateforme des soins palliatifs aide depuis 2007 les personnes endeuillées.  Ici on laisse carte blanche aux participants : "Les gens sont libres de s’exprimer ou de ne pas s’exprimer, explique Michel, un bénévole. Certaines personnes qui parlent pour la première fois de leur deuil ne sauront quasiment rien dire et pleureront pendant une heure. Mais ce partage d’expériences entre personnes endeuillées peut les aider."

La règle d’or est ici de ne pas juger : "Il ne faut surtout pas commenter ce que disent les gens, ne pas leur donner des recettes toutes faites pour s’en sortir", poursuit Michel. Le principe du "café deuil" est simplement d’écouter.

Des larmes et des rires

Être écoutée, c’est ce qui a soulagé Anne il y a quelques années lorsqu’elle a perdu un proche. "Ce qui m’a aidé, c’était surtout de pouvoir aider les autres, dit-elle. Parfois, en entendant des personnes tristes s’exprimer, j’avais peur de dire que j’allais bien. Et puis finalement, je me suis dit qu’il fallait leur dire ce qui m’avait fait du bien pendant le deuil. C'est de toute façon important de parler dans ces moments-là. Si vous gardez votre chagrin en vous, il va vous ronger."

Autour de la table, on ne partage d’ailleurs pas que des moments tristes. "Il y a des moments où on rit de bon cœur, et ça fait du bien", ajoute-t-elle.

"Difficile de se confier dans le cercle familial"

Anne fréquente toujours le "café deuil". Mais depuis quelques années, elle le fait avec la casquette de bénévole : une façon de rendre ce qu’on lui a donné. Isabelle a suivi exactement le même parcours.  Un investissement bienvenu puisque ce type de lieu d’écoute après un deuil est rare. "C’est difficile de se confier dans le cercle familial, constate la bénévole. Parce que la famille vit le même deuil par rapport à la même personne, et on a peur de leur faire du mal avec notre chagrin. Quant aux personnes extérieures, on ne veut pas les embêter et on sait que la plupart ne peuvent pas comprendre."

Même si ces lieux d’écoute sont rares, le "café deuil" de Tournai ne tient que grâce à la bonne volonté de quelques bénévoles qui souhaitent aider les autres.

Toutes les infos sont sur le site de l'association: www.undeuilavivre.be

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