A Spiennes, les mines de silex du Néolithique n'ont pas encore révélé tous leurs secrets

Des archéologues fouillent en permanence le site. Et il reste du boulot pour au moins 20 mille ans, plaisantent-ils.
3 images
Des archéologues fouillent en permanence le site. Et il reste du boulot pour au moins 20 mille ans, plaisantent-ils. - © RTBF

C’est une grande étendue verte entre les collines de la campagne montoise. Un site préservé par un classement Unesco. Ici à Spiennes, sous nos pieds, travaillaient certains des premiers mineurs de l’humanité. Des hommes du Néolithique en quête de silex. Ce précieux silex utilisé à l’époque pour construire des haches.

Il y aurait sur le site de Spiennes entre 20 et 40 mille puits datant de la Préhistoire. Et ils sont loin d’avoir révélé tous leurs secrets. Chaque semaine, des archéologues sondent les profondeurs du site. A la recherche de traces pour tenter de mieux comprendre comment se déroulait la vie à l’époque.

Certains puits font 16 mètres de profondeur

Hélène Collet, archéologue à l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP), nous emmène dans le puits en cours de fouille. "Pour l’instant, on est à dix mètres de profondeur et on n’a toujours pas trouvé le fond de la mine", explique-t-elle. "Dans cette zone de Petit-Spiennes, les puits font entre 4 et 12 mètres de profondeur. De l’autre côté de la vallée, certains font 16 mètres de profondeur. Ils sont creusés notamment à l’aide d’outils en bois de cerfs."

A une dizaine de mètres sous terre, les archéologues fouillent donc minutieusement. Et ici il vaut mieux ouvrir l’œil car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise : "On est déjà tombé sur des restes humains les années précédentes, glisse Laureline Catellain, truelle et piochon en main. Donc on s’attend toujours à faire une découverte exceptionnelle."

La plupart du temps, c’est du silex que l’on trouve dans ces puits. Comme cette pointe qu’Hélène nous montre : "C’est un pique en silex, explique-t-elle. C’est un outil qui était emmanché et que les mineurs utilisaient pour creuser des galeries."

"C’est un peu l’équivalent du piochon avec lequel nous fouillons aujourd'hui, poursuit Laureline. Finalement, on utilise les mêmes techniques que les mineurs préhistoriques. C’est ça qui est chouette aussi."

La terre et les gravats sont remontés dans des seaux depuis le fond du trou. En surface, Michel Woodbury passe tout au tamis. "A partir du moment où on est sûr que c’est du silex, on le prend, nous dit-il. Mais on est aussi attentif à d’autres indices comme des ossements ou des tessons de céramique, même si c’est un peu plus rare d'en trouver."

L’ensemble de la "récolte" du jour est placé dans un plastique et sera envoyé pour analyses. De quoi peut-être en apprendre un peu plus sur les hommes du Néolithique.

Des mystères, il y en a encore à percer du côté de Spiennes. "Entre 20 mille et 40 mille puits, ça nous fait 20 mille à 40 mille ans de fouilles, sourit Hélène. Chaque puits nécessite un certain temps pour être fouillé, et puis encore plus de temps pour être étudié." Cela laissera pas mal de travail aux archéologues du futur. Des archéologues qui profiteront probablement de nouvelles techniques et technologies pour en savoir plus sur le passé de Spiennes.

Un centre d'interprétation à visiter

Depuis quelques années, un centre d'interprétation permet d'en savoir plus sur l'histoire des mines de Spiennes. "Silex's" est accessible au public du mardi au dimanche. La descente dans la mine du Néolithique est cependant suspendue cet été pour raisons sanitaires.

Une petite exposition extérieure donne également les grandes lignes de l'histoire du site, et il est possible de se balader librement dans la zone naturelle. Du mardi au vendredi, les visiteurs peuvent aussi rencontrer les archéologues en plein travail.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK