A Charleroi, le Relais Santé gère aussi les problèmes psychiatriques des sans-abris

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Illustration - © Belga - Siska Gremmelprez

Les gens vivant en rue souffrent de plus en plus souvent de problèmes psychiatriques. Ils seraient 20% au moins à souffrir de problèmes mentaux. C'est un véritable souci pour les professionnels de la santé de pouvoir les soigner car ces personnes vont et viennent. Et il est parfois difficile de les capter pour les diriger vers un centre de santé. A Charleroi, on est très conscient de cette problématique.

Le Relais Santé existe depuis plusieurs années pour aider justement les "sans domicile fixe" en souffrance. La directrice, le docteur Irène Kremers, est en première ligne pour ces cas particuliers. "Il arrive souvent qu’on ait des inquiétudes pour des personnes qui ont des comportements pour lesquels on a une suspicion de souffrance psychique et de pathologie psychiatrique. Parfois ce sont des travailleurs d’autres réseaux, de l’accueil de jour, de l’abri de nuit ou les travailleurs de rue, qui font appel à nous et qui nous demandent de rencontrer telle ou telle personne parce qu’une inquiétude existe au sujet de cette personne-là. Dans ce cas, le médecin du Relais Santé se fait une opinion et lui prescrit un traitement ou pas."

Quelques mesures de sécurité s'imposent. "Lors d’un traitement proposé et non imposé, celui-ci est gardé au Relais Santé et que l’infirmière le délivre par quantités limitées avec une explication sur ce traitement. Cela évite parfois de proposer l’hospitalisation lorsque c’est possible et acceptable."

"Les hôpitaux nous aident désormais"

La directrice constate aussi une augmentation du nombre de cas ces dernières années, surtout chez les jeunes. Des problèmes dus à des abus de drogue et d'alcool. Parfois, il faut aller jusqu'à prendre des mesures d'internement, et heureusement dit-elle, les hôpitaux les aident beaucoup à ce sujet.

"Concernant l’internement, dans ce qu’on appelle maintenant une mise en observation, lorsque la personne entre dans les critères, il n’y a pas de souci. De toute façon, c’est une mesure de justice donc ça se passe sans problème si la mesure est justifiée. Par contre, pour ce qui est des hospitalisations, ça n’a pas toujours été simple. Mais je pense qu’on a fait un gros travail à partir du Relais Santé pour aller vers les hôpitaux, vers les psychiatres, pour sensibiliser le personnel soignant.

Irène Kremers poursuit : "Ici on parle de psychiatrie, mais le même travail se fait dans les hôpitaux généraux. Et, en même temps, on a eu la chance aussi d’avoir affaire à des psychiatres qui nous ont montré quand même beaucoup d’ouverture par rapport à ce public particulier qui est celui des sans-abris . Aussi bien dans le réseau du Grand Hôpital de Charleroi que dans celui du CHU Van Gogh, les portes se sont quand même nettement ouvertes ces dernières années. Et l’accès aux soins psychiatriques et à l’hospitalisation psychiatrique de nos patients pose vraiment beaucoup moins de problèmes qu’il y a quelques années."

Voilà donc une solution de plus, même temporaire, apportée par le Relais Santé à un des très nombreux soucis vécus au jour le jour par les sans-abris carolos.

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