900 000 euros détournés par l'orthopédiste: 5 ans avec sursis à Charleroi

Le palais de justice de Charleroi où siège le tribunal correctionnel
Le palais de justice de Charleroi où siège le tribunal correctionnel - © rtbf.be - Daniel Barbieux

Un orthopédiste, gérant de cinq magasins, a été condamné mercredi à cinq ans de prison avec sursis pour faux, escroquerie, blanchiment, infractions sociales et fraude fiscale devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Il est soupçonné d'avoir détourné près de 900 000 euros en établissant des fausses prescriptions médicales afin de se faire rembourser par l'Inami.

C'est en voulant se faire rembourser sa prothèse de genou qu'une patiente de Didier D., un bandagiste à la tête de cinq magasins implantés à Bruxelles, Andenne, Binche, Wavre et Anderlues, a constaté que l'argent qu'elle devait récupérer de l'Inami l'avait déjà été par l'orthopédiste en question.

A la suite de cette plainte, plusieurs enquêtes administratives ont été diligentées par l'Inami, qui a constaté que la fraude mise en place par Didier D. avait débuté sept années auparavant. La justice, et en particulier l'auditorat du travail, s'en est mêlée en novembre 2014, menant des perquisitions et interceptant le suspect à son retour de Thaïlande.

Dans sa valise, il détenait 166 "annexes 13" (formulaires de prestations) et des photocopies de certificats médicaux. Soit l'équivalent de 37 000 euros frauduleux. Selon l'auditorat du travail, le montant total des sommes détournées s'élèverait à 887 863 euros. Ce à quoi il faut ajouter une fraude sociale, puisque les heures supplémentaires du personnel étaient payées en liquide et justifiées par des souches de restaurant.

Placé sous mandat d'arrêt en novembre dernier, Didier D. a comparu devant le tribunal correctionnel de Charleroi. L'orthopédiste est en aveux mais conteste le montant détourné.
Aux enquêteurs, il a expliqué se servir de l'Inami comme organe de prêt, là où les banques lui refusaient tout crédit pour ses sociétés moribondes.

Après le luxe, l'humanitaire ?

L'auditorat du travail précise que le prévenu ne s'est rien refusé durant des années: appartement à 2 500 euros de loyer à Bruxelles, véhicule de marque Jaguar, hôtels, restaurants et voyages en Thaïlande où il passait le plus clair de son temps.
Pendant ce temps-là, ses sociétés sont en faillite, ses employés et fournisseurs ne sont plus payés et sa dette envers l'ONSS est faramineuse.

Pour l'auditorat, une peine de trois ans de prison, une amende de 10 000 euros et la confiscation des sommes détournées devaient s'additionner à une interdiction d'exercer.

Lundi, le tribunal a constaté que le prévenu avait déjà été sanctionné pour les faits de 2007 à 2011 par l'Inami, qui lui réclame 480 000 euros.

Une personne ne pouvant être jugée deux fois pour les mêmes faits, les poursuites judiciaires sont irrecevables pour cette période. Pour les faits commis entre 2011 et 2014, Didier D. écope de cinq ans avec sursis, d'une interdiction d'exercer de dix ans et se voit confisquer la somme de 406 903 euros.

Le prévenu affirme vouloir refaire sa vie dans l'humanitaire.

NDLR : afin d'éviter toute confusion, nous tenons à préciser que l'article ci-dessus, et l'identification Didier D., ne visent pas Monsieur Didier Desemberg, qui est également orthopédiste-bandagiste à Charleroi et qui est totalement étranger aux faits et condamnation rapportés dans cet article.

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