1500 arbres, une haie et un verger pour changer le Mont en... Forêt de Saint-Aubert

1500 arbres, une haie et un verger: la forêt de Saint-Aubert reprend des couleurs
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1500 arbres, une haie et un verger: la forêt de Saint-Aubert reprend des couleurs - © Tous droits réservés

C’était une prairie en bordure du village de Mont-Saint-Aubert. Et c’est en train de devenir une petite forêt. Ce chantier, c’est Marie et Jean-Luc Desmet qui l’ont mis en route. Pour ce couple à la retraite, l’heure est moins au repos bien mérité qu’à un questionnement sur notre société. "Nous avons beaucoup lu Aurélien Barrau, Pablo Servigne et François Thoreau à propos de la collapsologie et l’effondrement de notre civilisation", explique Marie. "Et après une période de deuil, de tristesse, on est passé à une phase d’acceptation et d’action".

L’action en question, c’est l’achat d’une parcelle de bois, près de chez eux, ainsi qu’une prairie. Une prairie assez sèche, balayée par les vents sur les hauteurs du mont. "C’était sec, cet été, il n'y avait pas un brin d’herbe". Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi sur ce coin de l’entité tournaisienne. "Sur le cadastre, il s’agit d’une zone de forêt. Probablement a-t-elle été déboisée il y a cinquante ans", précise Jean-Luc.

25 espèces différentes

Pour reboiser le terrain, le couple a fait appel à Nicolas de Brabandère, spécialiste des petites forêts concentrées. Nous l’avions rencontré il y a un an à Willemeau où un projet similaire débutait. "Ici, il s’agit de planter 1500 arbres de 25 espèces différentes", explique le patron d’Urban Forests. Ces arbres sont plantés proches les uns des autres pour stimuler leur croissance. Difficulté locale : le sol contient des morceaux de briques. "Car avant, ici, il y avait un bâtiment, un reposoir, où s’arrêtaient des tireurs de bateaux de passage entre la frontière française et Audenarde. Mais à part ça, la terre est bonne, limoneuse, et on l’a amendée."

Une forêt Miyawaki donne souvent lieu à des réjouissances collectives. Mais en raison de la crise sanitaire, impossible de réunir toutes les personnes intéressées. Seule une poignée de volontaires est autorisée à se relayer pour donner un coup de main aux propriétaires. Parmi eux, Hélène, ravie de planter des arbres, pour la première fois : "C’est important pour l’avenir de la planète. Avant, il m’est arrivé de donner de l’argent pour des projets de replantation. Mais le faire soi-même, ça a plus de valeur. La terre a de la valeur. Nos gestes ont de la valeur."

Gare aux lapins !

Face à cette manière de planter d’origine japonaise, l’ennemi principal semble être la faune locale, qui peut ronger les jeunes pousses. Mais Jean-Luc sera attentif : "Non, je ne vais pas tirer les lapins à la carabine. Mais j’observerai. Et s’il y en a, je placerai un filet autour". A côté de la mini-forêt, un verger et une haie de 250 mètres seront plantés. Pour humidifier le terrain, des baissières ont été creusées. "Il s’agit de petites tranchées destinées à capter l’eau de pluie et évier qu’elle ne ruisselle", indique Marie.

Ce jardin privé a une vocation publique, assurent les propriétaires : "Ça doit devenir un lieu de partage. Partage des fruits quand le verger grandira. Découverte de la nature pour les visiteurs ou les élèves de l’école du dehors…" Les modalités doivent encore être précisées. "On souhaitait mettre sur pied un comité de quartier pour organiser tout ça, mais le virus nous empêche de nous rassembler. On verra plus tard".

Ecoutez notre reportage audio sur la "Forêt de Saint-Aubert":

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