Pollution à Zwijndrecht : les responsables de Lantis s’expliquent face à la commission d’enquête flamande

Des responsables de Lantis, l’entreprise publique chargée de la gestion du chantier Oosterweel, ont affirmé vendredi au Parlement flamand avoir poussé de manière répétée pour que l’on communique au sujet de la pollution au PFOS près de l’usine 3M à Zwijndrecht, là où des quantités importantes de terre sont déplacées pour les travaux.

Ils étaient entendus vendredi en commission d’enquête PFOS-PFAS. Le président du conseil d’administration David Van Herreweghe, le directeur général Luc Hellemans et le directeur environnement Bart Van Camp, qui était précédemment chef de cabinet du ministre N-VA Ben Weyts, ont notamment pris la parole.


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Ben Weyts, qui était alors ministre de la Mobilité exerçant la tutelle sur Lantis, a lui-même un rôle incertain dans cette affaire, puisqu’on suspecte une pression politique pour ne pas dévoiler la pollution dans les années 2017-2018, comme le font croire des mails révélés vendredi par la VRT.

Bart Van Camp a en tout cas affirmé vendredi au Parlement flamand que c’est du côté de l’OVAM, la société flamande de gestion des déchets, et du cabinet de sa ministre de tutelle de l’époque Joke Schauvlieghe (CD&V), qu’il faut chercher le facteur déterminant dans la décision de ne pas communiquer ouvertement sur l’affaire.

Attention, je ne veux pas leur jeter la pierre, je pense qu’ils ont agi de bonne foi

Luc Hellemans a quant à lui confirmé l’intention répétée de son organisation de communiquer sur la pollution observée, et le refus de l’OVAM. "Nous avions fait un plan de communication, mais le but était qu’elle parte de l’OVAM", a-t-il expliqué. "Attention, je ne veux pas leur jeter la pierre, je pense qu’ils ont agi de bonne foi".

Finalement, le management de Lantis a alors organisé une "communication opérationnelle" limitée à sa compétence du chantier Oosterweel, à destination de la commune de Zwijndrecht par exemple.


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La VRT a évoqué vendredi un mail envoyé par le responsable communication de Lantis fin 2018, préconisant d’informer le grand public car des habitants des environs s’interrogeaient entre autres en voyant des ouvriers en habits de protection complets.

Ce courrier électronique était entre autres envoyés aux cabinets ministériels, et Bart Van Camp a confirmé l’avoir reçu à l’époque. Il en a "pris acte" et était déterminé à prendre les choses en mains quand il aurait changé de poste et serait passé chez Lantis (début 2019), a-t-il affirmé vendredi.

Ils disaient : il faut d’abord mesurer afin de savoir, on ne peut pas aller vers les gens avec pour unique message qu’il y a un problème

Pour lui, c’est l’OVAM qui a refusé une communication ouverte, après concertation avec le cabinet Schauvliege. "Ils disaient : il faut d’abord mesurer afin de savoir, on ne peut pas aller vers les gens avec pour unique message qu’il y a un problème. J’ai compris cet argument", a expliqué Bart Van Camp.

Comme l’a déjà indiqué Ben Weyts lui-même, on estimait au cabinet, comme chez Lantis, que c’était à l’OVAM et au cabinet Schauvliege de prendre la responsabilité de communiquer, le cas échéant.

 

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