Maarkedal: pas de travail obligatoire, mais "recommandé" pour les réfugiés

Maarkedal: pas de travail obligatoire mais "recommandé" pour les réfugiés
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Maarkedal: pas de travail obligatoire mais "recommandé" pour les réfugiés - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Il n'est pas question d'obliger les demandeurs d'asile qui se présenteront à Maarkedal (Flandre-Orientale) à travailler, a indiqué mardi soir le cabinet du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA).

Le président du CPAS de Maarkedal en Flandre orientale, Joris Nachtergaele (N-VA), a affirmé dans la presse néerlandophone qu'il allait insister auprès des demandeurs d'asile prochainement hébergés dans sa commune pour qu'en échange de cet accueil, ils s'engagent quelques heures par jour pour l'entité, que ce soit sous forme de nettoyage de rue, de jardinage public, d'aide dans les maisons de repos, ou de rénovation de nouvelles places d'accueil. "Légal ou pas, nous allons activer ces personnes", a-t-il dit.

"Une amicale insistance"

Selon le cabinet de Theo Francken, il n'est pas question de rendre le travail obligatoire à Maarkedal.

"Les travaux ne seront pas imposés, mais seulement recommandés pour augmenter les chances d'intégration et ensuite d'accès au marché du travail", a-t-on commenté au cabinet du secrétaire d’État N-VA.

Aux yeux du président du CPAS de Maarkedal, il n'a jamais été question d'une obligation. "Nous voulons, dès le jour un, examiner quelles sont les possibilités que nous pouvons donner pour créer un réseau. Nous inviterons les demandeurs d'asile avec une amicale insistance à adopter une forme d'emploi, mais s'ils disent 'non', ce sera 'non'. En tant que président de CPAS, je sais aussi qu'il existe des profils qui ne sont pas adaptés pour le marché du travail. Il y a des gens qui présentent des traumatismes lourds parmi les demandeurs d'asile", a précisé Joris Nachtergaele.

Avantages faciles

De son côté, l'ONG flamande de soutien aux réfugiés Vluchtelingenwerk a réagi avec vigueur au cliché selon lequel les demandeurs d'asile recevraient trop d'avantages faciles. "Ça ne correspond pas à la réalité : malgré tout ce qu'elles ont vécu, un quart de ces personnes travaillent déjà pendant la procédure de demande d'asile. Et après la reconnaissance du statut de réfugié, la moitié décrochent rapidement un vrai boulot. On ne peut pas les considérer comme de la main d'œuvre bon marché", réagit Els Keytsman, directrice de l'association.

L'Union des Villes et Communes de Flandre (VVSG), qui représente aussi les CPAS flamands, s'est également érigée contre toute obligation pour les demandeurs d'asile d'effectuer des petits boulots. Elle souligne la nécessité que ce genre d'activité se fasse sur une base vraiment volontaire.

"Les structures d'accueil locales sont toujours intégrées dans leur quartier, fait d'emblée observer Nathalie Debast (VVSG). Les personnes qui y sont accueillies sont elles-mêmes déjà très demandeuses de travailler, mais il est crucial que ce soit sur base volontaire. Les demandeurs d'asile doivent être prêts psychologiquement pour cela, et le travail doit aussi être à la mesure de la personne."

En aucun cas, un service à la collectivité ne peut, selon la VVSG, constituer une condition d'accès à une place d'accueil.

Inconcevable pour les CPAS wallons

Imposer du volontariat aux réfugiés est en soi incohérent, pour la Fédération des CPAS de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW), à l'heure où l'idée fait son chemin en Flandre de réclamer des services aux demandeurs d'asile qui arrivent dans les communes.

Récemment, l'Open Vld a dit vouloir conditionner l'octroi des aides sociales, voire contraindre à prester des services à la collectivité.

Un cas de figure qui n'est pas du tout envisagé par la Fédération des CPAS de l'Union des Villes et Communes de Wallonie. Ariane Michel, conseillère auprès de la fédération, rappelle qu'il est possible depuis 2014 pour les demandeurs d'asile accueillis de faire du volontariat. Mais elle insiste précisément sur ce caractère volontaire.

"Imposer du volontariat est inconcevable, c'est en soi incohérent" souligne-t-elle. "Une personne peut faire du volontariat si elle en fait la demande, mais cela ne doit pas être une condition pour obtenir une place d'accueil, cela va à l'encontre des engagements internationaux et belges."

Outre le fait que les réfugiés concernés doivent être demandeurs pour réaliser des tâches de volontariat, Ariane Michel ajoute que ces personnes doivent aussi se sentir prêtes selon leurs capacités. "Parfois, ces personnes ne sont pas en mesure, même psychologiquement, d'assumer un travail."

Il y a un an, l'idée d'un service à la collectivité pour les chômeurs de longue durée avait été sur le devant de la scène, figurant dans l'accord de gouvernement fédéral.

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