Zones de baignade : météo humide et pertes sèches

La Wallonie compte 27 zones de baignade. Parmi celles-ci, le plan d’eau du Domaine de Clairefontaine, à Chapelle-lez-Herlaimont. Sur sa chaise, Maxime, un des maîtres-nageurs engagés pour la saison, fait face à une zone de baignade désespérément vide. Et c’est un scénario qui se répète presque quotidiennement depuis l’ouverture de la saison balnéaire, début juin. La faute, évidemment, à cette météo pourrie qui s’est installée durablement sur notre pays. "Lorsqu’il n’y a personne, on s’ennuie, on tourne en rond, regrette Maxime, mais même s’il n’y a qu’un baigneur, on doit assurer sa sécurité". Le domaine de Clairefontaine peut accueillir jusqu’à 3000 personnes. Les mesures sanitaires ont réduit la fréquentation maximale à 500 plagistes. Mais depuis le début de la saison, cette pleine fréquentation n’a été atteinte que cinq fois. Le jour – gris – de notre visite, à peine une quinzaine de jeunes baigneurs sont venus profiter d’une brève éclaircie.

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© Nicolas Rondelez

Des dépenses obligatoires, des rentrées inexistantes

Les maîtres-nageurs sont deux, chaque jour, en semaine et trois le week-end. Leurs contrats ont été établis pour la saison complète. Une dépense impérative, pour Hakim Lorge, le gérant du Centre de Délassement Provincial de Clairefontaine : "Il est impossible d’imaginer des contrats jour par jour. Je ne peux pas me permettre le risque qu’un maître-nageur ne soit pas disponible le jour où j’ai besoin de lui. Ils sont tous engagés pour la saison entière. Le plus souvent, depuis le début de la saison, ils sont payés à ne rien faire, mais c’est comme ça. Ils vont devenir d’excellents joueurs de poker", ironise Hakim. Et les maîtres-nageurs ne sont pas la seule catégorie de saisonniers engagés pour la saison et fort peu sollicités : jardiniers, personnel d’accueil, d’entretien des sanitaires… Ils sont là, mais le public, pas.

La situation est plus compliquée pour le partenaire privé du Domaine Provincial, Alain Deguitte. Dès le début de la saison, il a installé son parcours flottant sur le plan d’eau. Le jour de notre visite, il flotte sur l’eau, totalement dégonflé. Lui aussi a engagé du personnel pour encadrer l’activité. "Moralement, c’est compliqué, explique-t-il. On fait ce métier pour procurer du plaisir aux gens. Mais là, il n’y a pas ces rires, cette excitation qui fait le sel de notre activité. Pareil au niveau du parcours d’accrobranche. Là aussi, j’ai investi. Je ne suis pas sur la paille, j’ai heureusement des réserves, mais on n’aime jamais puiser dans ses réserves".

Pudeur et discrétion

Les finances provinciales pâtiront donc de cet été. Des finances publiques, donc. Il en va autrement pour Christian Deguitte, le partenaire privé : "Je n’ai pas envie de me plaindre, franchement. Encore une fois, j’ai quelques réserves. Et il serait bien malvenu de se plaindre. Je suis de tout cœur avec les sinistrés des inondations. Eux, ils ont réellement tout perdu. Non, vraiment, je n’ai pas envie de me plaindre".

Baignades, les règles à respecter: JT 05/08/2020

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