Yvon Englert (ULB): "Nous voulons permettre à des enfants dont la langue est différente d'aller à l'école ensemble"

L’ULB et la VUB proposent de créer une école multilingue à Bruxelles. Les cours y seraient donnés en français, en néerlandais, voire en anglais. Le recteur de l’ULB, Yvon Englert, était l’invité du journal de 13 heures ce samedi pour en parler.

Comment se fait-il que deux universités bruxelloises se préoccupent du bilinguisme dans les écoles secondaires de la capitale ? « L’université est d’abord le réceptacle des diplômés des écoles secondaires », rappelle Yvon Englert. Et à l’heure où le français et le néerlandais deviennent indispensables pour un emploi sur deux, les étudiants ne semblent pourtant pas suffisamment formés. « Le bilinguisme recule à Bruxelles alors que nous sommes l’une des villes les plus cosmopolites du monde », déplore-t-il.

Cours traditionnels ou classes d’immersion

En 2001, 33% des Bruxellois affirmaient bien maîtriser la langue de Vondel, ils ne sont plus que 16,3% aujourd’hui. Le recul est spectaculaire.

Au niveau de l’enseignement, la seule alternative aux cours classiques de quatre heures par semaine sont les classes d’immersion. Pour le recteur de l’ULB, il s’agirait d’aller encore plus loin : « Dans une école en immersion, le principe est que vous y êtes dans votre langue maternelle et que vous avez des cours dans une autre langue, explique-t-il. Nous, nous proposons d’abandonner le concept d’école socle sur la langue maternelle et de mettre le français, le néerlandais et l’anglais, sur un pied d’égalité, et de permettre à des enfants dont la langue est différente d’être élevés ensemble et d’aller à l’école ensemble », avance-t-il.

Malgré les nombreux soutiens de nombreux citoyens et de la classe politique à l’égard du projet, quelques réticences se sont manifestées, notamment au nord du pays avec la N-VA et le CDNV. « Ils sont inquiets par les chiffres et pensent qu’il faut mettre la priorité sur l’apprentissage du néerlandais. Or, les données que nous avons montrent que l’enseignement multilingue améliore justement cet apprentissage. C’est à nous à les convaincre ! », lance-t-il.

Malgré le monde rêvé par Laurette Onkelinx en 1996, force est de constater que nous en sommes encore loin.

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