Un an de "Mayeurat" à Bruxelles: une petite révolution pour la Ville?

Le socialiste Yvan Mayeur a pris les commandes de la Ville de Bruxelles le 13 décembre 2013.
Le socialiste Yvan Mayeur a pris les commandes de la Ville de Bruxelles le 13 décembre 2013. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Cela va bientôt faire un an qu'Yvan Mayeur occupe le poste de bourgmestre de la ville de Bruxelles. Il avait repris les rênes de la commune le 13 décembre 2013 exactement. Son style et son ton tranchent avec celui de son prédécesseur, Freddy Thielemans. Le nouveau bourgmestre est-il un homme de consensus ou un personnage cassant et autoritaire, comme on le dépeint parfois?

Homme plus consensuel, comme le présentait récemment le journal Le Soir, ou despote éclairé pour la Dernière Heure, l'image d'Yvan Mayeur apparaît contrastée. Le bourgmestre de la ville de Bruxelles est un homme qui sait ce qu'il veut. Il l'a montré avec sa réforme de la police et le projet de piétonnier dans le centre-ville.

Dans l'opposition, on lui reproche surtout son manque de concertation avec les habitants. "C’est quelqu’un qui a lancé un certain nombre de projets. Par contre, il y a une constance dans l’ensemble de ses projets : c’est le manque de concertation en amont de ses décisions", estime Fabian Maingain (FDF).

Du côté d’Ecolo, Marie Nagy estime que "Bruxelles mérite que l’on puisse construire des consensus. Mais aujourd’hui, la majorité en place n’est pas vraiment dans le consensus. Et M. Mayeur, quoi qu’il en dise, non plus !"

De tous nos interlocuteurs, Joëlle Milquet (cdH) est celle qui a la dent la plus dure. "C’est quelqu’un qui décide mais qui décide fort seul, fort vite, et pas toujours avec les concertations nécessaires. Il est assez autoritaire."

Dans la majorité, le MR Jacques Oberwoits est évidemment plus nuancé. "Avant tout, c’est un homme déterminé, volontaire. Il a de l’ambition pour la Ville. Il est à la tête d’une équipe mais il doit comprendre aussi que la Ville ne peut fonctionner que si l’équipe en place fonctionne bien."

Tyrannique Yvan Mayeur, vraiment ?

"Il y a suffisamment de gens autour de moi pour empêcher que cela arrive, a répondu le bourgmestre (en souriant) ce mardi matin sur les ondes de la RTBF. On ne travaille évidemment pas seul à la tête d’une ville comme Bruxelles. Nous formons une équipe mais qui, effectivement, a des ambitions et des projets et qui veut les réaliser."

Un manque de concertation ? "D’abord, on écoute l’opposition quand elle a des choses intelligentes à dire (ça arrive) et puis on les intègre. Mais nous formons une majorité. Donc, sur un sujet aussi essentiel que la mobilité par exemple, il n’y a pas de majorité autre que celle que nous avons dégagée. J’observe bien ce que dit l’opposition mais dans ce cas-ci, comment voulez-vous concilier deux opinions aussi contradictoires (que celles d’Ecolo et du cdH) ?"

"Nous, poursuit le bourgmestre, nous avons réussi à nous unir sur une possibilité de mobilité. C’est d’ailleurs la première fois en 20 ou 30 ans qu’à Bruxelles on se met d’accord sur un projet aussi essentiel que le piétonnier et tout ce qui doit être fait autour…"

Philippe Carlot, Nicolas Lejman

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