Yvan Mayeur défend sa légitimité comme bourgmestre de Bruxelles

Yvan Mayeur défend sa légitimité comme bourgmestre de Bruxelles
Yvan Mayeur défend sa légitimité comme bourgmestre de Bruxelles - © Tous droits réservés

Appelé à succéder au poste de Freddy Thielemans à la tête de la ville de Bruxelles, le nouveau bourgmestre, et ancien président du CPAS de Bruxelles, refuse de parler de particratie. Invité de Matin Première ce vendredi, il affirme qu'il a le soutien de 29 conseillers communaux sur 49, "et c'est le plus important".

Yvan Mayeur prête serment ce vendredi après-midi devant le ministre-président bruxellois. Un an après les élections communales, il devient le nouveau bourgmestre de la Ville de Bruxelles et succède ainsi à Freddy Thielemans. Une succession contestée par certains, l'homme ayant été élu avec 2662 voix, ce qui est loin des 6000 voix obtenues par son prédécesseur. Même Joëlle Milquet a fait plus avec 5000 voix.

Sa légitimité est-elle dès lors à remettre en cause ? Pas du tout selon l'intéressé qui affirme avoir réalisé "le score le plus important de tous les échevins, aussi du cdH de l'époque".

Par ailleurs, il rappelle que cela fait 18 ans qu'il est au service de cette ville en tant que président du CPAS et que grâce à cette fonction, il connaît ses habitants mais aussi la réalité sociale de la ville.

De plus, dit-il, "j'ai le soutien, et c'est le plus important, de 29 conseillers communaux de Bruxelles sur 49, donc j'ai une majorité démocratique qui me soutien et qui souhaite que je sois le bourgmestre de cette ville".

"C'est un peu un jeu de dupe"

Quant à savoir s'il aurait fallu le dire clairement avant les élections, il répond : "Oui probablement. Il y a eu un choix de communication qui était aussi celui des journalistes. Les journalistes savaient aussi très bien que la situation allait changer en cours de législature".

"Mais quand on posait la question, on ne nous disait pas la vérité", précise Bertrand Henne. Et l'intéressé de répliquer : "C'est un peu un jeu de dupe. Celui qui pose la question sait la réponse" et d'affirmer : "Moi je n'ai pas répondu à ces questions. Moi j'ai dit que je faisais campagne pour Bruxelles et que je considérais que je devais être des éléments d'avenir de Bruxelles. C'était d'ailleurs le slogan de mes tracts".

Enfin, à la question de savoir si Bruxelles ne devrait pas prendre exemple sur la Wallonie où le bourgmestre est celui qui a récolté le plus de voix dans la liste majoritaire, il déclare : "Oui. D'autres pensent que le système majoritaire est encore mieux. On peut réfléchir à beaucoup de modes de scrutin. En attendant, le mode de scrutin sur Bruxelles est celui-là et celui qui prévoit la désignation du bourgmestre, c'est la majorité du conseil communal. J'ai une très large majorité du conseil communal en ma faveur et je crois que c'est cela qu'il compte".

"C'est la démocratie telle qu'elle s’applique à Bruxelles et telle qu'elle s'appliquait en Flandre et en Wallonie. Ils ont décidé de changer en Wallonie, je ne suis pas sûr que tous ceux qui sont dans cette situation sont heureux aujourd'hui".

L'électeur n'a pas forcément plus de poids selon lui, c'était la volonté de cette réforme mais ce n'est pas la réalité, dit-il. "Je pense que le poids de l'électeur quand il représente 29 élus sur 49, ça c'est le poids de l'électeur et c'est un poids beaucoup plus large que celui d'une personnalité qui triomphe sur 4000 voix parce qu'elle fait les médias tous les jours".

Le salaire de Pascale Peraita, une faute politique ?

Autre sujet qui continue à faire polémique, notamment dans le chef d'Ecolo-Groen, la salaire de la directrice du Samu Social, appelée à le remplacer à la tête du CPAS. Un débat qui n'a pas lieu d'être selon lui : "Quelle faute politique ? C'est une femme qui se dévoue à la cause sociale et aux situations les plus extrêmes depuis plus de 10 ans. Elle fait ce travail avec une abnégation incroyable et les gens de Groen-Ecolo, viennent donner des leçons ? Mais franchement ! Je veux dire quand on les aura vu à pied d’œuvre dans ces réalités sociales, on écoutera ce qu'ils on à dire à ce sujet."

Il ajoute que "Pascale Peraita est quelqu'un qui a une connaissance sociale de la réalité des Bruxellois qui est exceptionnelle et je pense qu'elle fera un excellent boulot à la tête du CPAS et accessoirement, bien sûr, elle quitte la direction du Samu Sociale. Elle ne va pas pouvoir faire les deux, c'est assez logique. Et son salaire, je trouve qu'elle était payée correctement pour le rôle qu'elle a dû jouer dans cette situation".

Pour le reste, pas question non plus de remettre en cause le salaire de future remplaçant au poste de direction du Samu Social. Yvan Mayeur affirme vouloir "soutenir mieux qui s'occupent de l'humain", ce sont ses valeurs et il ne veut pas les remettre en cause. "Ceux-là doivent être mis en avant et pas les banquiers et les petits affairistes. Donc, moi je trouve que les gens qui se trouvent dans ce secteur-là doivent être payés convenablement et je ne changerai pas d'avis."

Le boulevard Anspach ne doit plus être "une espèce de grande autoroute urbaine"

Pour le reste, il a aussi été question de sa vision de Bruxelles. L'homme voudrait transformer le boulevard Anspach en une sorte de "Times Square". "Ce qu'il faut surtout ce sont des places que les gens puissent se réapproprier. On a aujourd'hui au centre une espèces de grande autoroute urbaine, une voie à quatre bandes qui permet de traverser la ville sans s'y arrêter. Il faut que cela cesse." Pour lui, il faut retrouver "un ensemble de placettes où les gens peuvent se promener" et pour cela, "il faut changer la manière dont les gens vivent la ville".

Il rappelle que "le taux d'inactivité à Bruxelles est énorme" (22% de chômage, près de 20 000 personnes à charge du CPAS et c'est en aggravation) et qu'il faut changer cela aussi.

Pour y parvenir, il propose d'"essayer de redonner des capacités de trouver de l'emploi aux gens. Il y a des villes qui se sont relancées notamment par le commerce, l'horeca, etc. Je propose que Bruxelles retrouve une prospérité qui fût la sienne, mais une prospérité qui serve aussi ses habitants par de l'emploi de proximité dans l'horeca, dans les commerces et cela passe par la réaffectation des grandes places où des grandes terrasses peuvent s'installer et où des activités économiques peuvent se déployer."

Rouler dans le centre-ville va donc devenir de plus en plus difficile encore : "Les gens qui utilisent le ville comme moyen de transit d'un pôle à l'autre de la petite ceinture, c'est fini ! Ils doivent rester sur la petite ceinture. Ces gens ne sont pas intéressants pour la ville, ne sont pas intéressants pour l'activité économique et nous n'avons pas à sacrifier une voie importante de la ville pour permettre à des gens d'aller plus vite d'un point à l'autre. Ils restent sur la petite ceinture. Et je vais vous dire, qu'ils abandonnent leur voiture pour venir à Bruxelles, qu'ils viennent avec les transports en commun, c'est finalement la meilleure chose à faire pour tout le monde."

C. Biourge

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