Y a-t-il des cas de harcèlement sexuel au sein du CHU Tivoli de La Louvière?

Des accusations sont émises depuis plus d’un an par certaines membres du personnel hospitalier à l’encontre d’un médecin chef de service. Une plainte a été déposée et une affaire au moins est mise à l’instruction. Les victimes reprochent à la direction de ne pas réagir en interne. Deux d’entre elles ont décidé de s’exprimer publiquement.

Entourées de plusieurs collègues, deux femmes racontent leur descente aux enfers face à un chef de service au comportement inquiétant. « Il a commencé à décrire ma poitrine. Il me demandait si j’étais plutôt string ou culotte, se souvient l’une d’entre elles, la voix tremblante. C’est là que les messages ont commencé sur mon téléphone personnel. Une fois, j’ai reçu une photo de son sexe », explique-t-elle.

Ces deux employées auront toujours plus de mal à supporter la pression. Le harcèlement semblait ne jamais prendre fin, même devant d’autres collègues. « Il prenait un plaisir fou de m’humilier devant les gens, des employés de l’hôpital… il me demandait ce que je faisais le week-end, si on se faisait une virée à Paris », raconte une autre victime.

Trois plaintes au total

La hiérarchie sera finalement prévenue et les deux femmes changeront alors de service. Elles vont cependant constater que le médecin, lui, reste en place. Julie Coumont, permanente CNE, reproche à la direction de l’hôpital d’avoir cherché à étouffer ces affaires.

« Est-ce par mépris pour ce genre de thématique ? Par sympathie pour un médecin, qui est une personne influente, qui a fait partie du conseil d’administration et qui est un bon médecin, s’interroge-t-elle. Peu importe ! Il y a aujourd’hui trois victimes qui ont osé parler, qui n’ont pas été entendues, et qui ont même été menacées, voire licenciées », signale-t-elle, indignée. Julie Coumont fait référence à une première plainte déposée il y a un an par une secrétaire, officiellement licenciée pour refus d'une charge de travail supplémentaire.

Au total, trois plaintes ont été déposées à l’encontre du médecin. L’une d’entre elles est à l’instruction. Aucune inculpation n'a été prononcée à ce stade.

Réponse de la direction

De son côté, la direction du CHU Tivoli explique dans un communiqué qu’elle entendait respecter la plus grande neutralité en cas d’instruction judiciaire pour suspicion de harcèlement. Elle déclare en outre avoir « le devoir et l’obligation de protéger et défendre l’ensemble de ses collaborateurs ». Des mesures préventives ont été prises pour que les personnes engagées dans le dossier ne soient plus en contact.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK