Xavier Diskeuve tourne "Jacques a vu", son premier long métrage

Xavier Diskeuve sur le tournage de "Jacques a vu".
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Xavier Diskeuve sur le tournage de "Jacques a vu". - © © RTBF - Christine Pinchart – 2013

Le premier long métrage de Xavier Diskeuve réunit quelques habitués, comme Nicolas Buysse, François Maniquet et Alain Azarkadon. Il invite aussi de grands nouveaux : Olivier Massart, Christelle Cornil…

Rencontre avec Xavier Diskeuve

Quatre courts, c’était un passage obligé pour arriver au long métrage ?

Oui surtout pour moi qui suis un autodidacte. Je suis parti sans rien y connaître ou presque et j’ai construit un univers et une sophistication visuelle de plus en plus grande. J’ai aussi construit une équipe de fidèles, et je suis content d’avoir pu installer tout cela pour arriver au long.

Les courts m’ont également permis de me faire connaître sur le marché du cinéma comme auteur potentiel de longs métrages.  

Certains comédiens disent que sur un tournage, on épouse la famille du réalisateur. Je sais que c’est le cas chez Dany Boon. Sur un tournage de Xavier Diskeuve, on entre dans la famille Diskeuve ?

Les cachets ne sont pas les mêmes mais oui, c’est vrai c’est une famille d’habitués. On est dans un univers rural, avec des fermiers et des apparitions de la vierge. Des images un peu étranges et des personnages décalés avec ce côté belgo-belge mais pas trop appuyé. Oui j’espère qu’il y aura un frémissement et peut-être que les gens vont se reconnaître dans le film. Oui j’y crois si non ça ne vaut pas la peine de faire le film.

J’ai ma famille de comédiens, dont je suis fier et même si c’est un petit budget, ça permettra à des comédiens qu’on voit peu au cinéma, de figurer dans un long métrage. Il y a François Maniquet, Nicolas Buysse, Olivier Massart, Christelle Cornil, Alain Azarkadon, Jean-Philippe Lejeune… Ils se contentent souvent de petits rôles au cinéma, et ici ils sont mis en avant.

Qu’est-ce qui vous a fait voir en François Maniquet, un scientifique sérieux, universitaire, ce fabuleux cousin Jacques ?

Nous sommes des amis d’enfance. Nos pères étaient à l’univ ensemble et on se voyait souvent lors de réunions de famille. François adorait à la fin du repas, faire un sketch de Bourvil, c’était en lui. Ensuite il est allé au cours d’art dramatique et moi aussi, et quand je rencontrais son prof Jean Gillard il me disait qu’il était incroyable. C’est quelqu’un qui bouffe l’image sans rien faire, et j’ai toujours rêvé de le mettre dans un film. Ben voilà c’est fait.

C’est un garçon très très sérieux, mais comme comédien, amateur bien sûr, il est hyper professionnel, super préparé, méticuleux, c’est une Rolls.

On l’a quitté dans votre dernier court métrage, en acteur des frères Coen, et on le retrouve en religieux. Vous pouvez tout lui demander ?

Oui et la première image que j’ai eue de ce film, c’était lui ayant une apparition. Et je me suis demandé ce que je pouvais inventer autour de cela ? C’est un peu Buster Keaton avec un anorak ce personnage, mais qui se prête à toutes les situations. Il est toujours en décalage, et on redécouvre les choses à travers lui. A Cannes ou dans un supermarché, il a toujours l’air un peu paumé, mais à travers lui il y a une sorte d’identification du spectateur. C’est un peu cela le succès des émissions autour des fermiers qui veulent se marier.

A côté de Jacques, un couple de néo-ruraux ?

Oui Christelle Cornil et Nicolas Buysse qui s’installent et tentent de se reconstruire.  Ils ont acheté un peu vite et un peu cher à la campagne, et en commençant le film ils ont le couteau sous la gorge. Ensuite arrive le projet immobilier, et la situation devient vraiment chaotique.

Christel Cornil c’est la femme de Benoit Poelvoorde dans " Le vélo de Ghislain Lambert ", c’est aussi" Au cul du loup "; c’est une forte personnalité ?

Elle m’a tout de suite plu, quand je l’ai découverte dans le vélo. Elle colle à mon univers, et ce n’est pas si facile de trouver une comédienne comique. Il y a beaucoup de garçons, mais peu de filles qui se risquent dans la comédie. Elle est charismatique, tantôt sexy, tantôt burlesque, c’est une présence rare, et une belle découverte.

Rencontre avec François Maniquet

Vous êtes d’emblée de l’aventure Xavier Diskeuve et depuis le début ?

Oui c’est mon souhait et je sais que je lui impose des contraintes énormes. Depuis le début il sait qu’il faut obligatoirement tourner en été, et me donner au maximum 20 jours de tournage.

Le cousin Jacques reste votre personnage, à l’opposé de ce que vous semblez être dans la vie ?

Oui sans être le mien, parce que ce personnage a été créé par Xavier pour le premier film il y a quatorze ans.  Il y a cru il me l’a imposé et c’est lui qui avait raison.  Je ne sais pas comment ce personnage lui est venu à l’esprit, maintenant il n’est pas entièrement à l’opposé de ce que je suis. Il est intraverti mais quand même observateur et tourné vers l’extérieur, ce qui est compatible avec l’esprit scientifique.

Maintenant il vit dans son village, à la ferme et proche de la religion, ce sont bien sûr des choses construites. L’histoire commence au moment où Jacques perd son papa, et vit seul avec sa maman, une vie religieuse réglée sur la messe, et la confesse.

Vous ne regretterez pas une suite au dernier long métrage, qui vous emmenait sur le tournage d’un film des frères Coen ?

Non mais ce qui est bien avec la définition des personnages c’est que tout reste possible. Cela reste du domaine de ce qui pourrait arriver au personnage. Mais c’est un nouveau départ et il ne faut pas avoir vu les films précédents, pour voir celui-là.

Christine Pinchart       

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