Affaire du magazine "Vivre à Woluwé": l'enregistrement de Gilles Elsen est légal

Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, Willem Draps.
Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, Willem Draps. - © Belga

Du neuf dans l’affaire qui oppose le bourgmestre, Willem Draps, et les deux responsables de la publication "Vivre à Woluwé". La Justice a estimé que l’enregistrement de la conversation entre le bourgmestre, son échevin des Finances et l’éditeur de la revue était légal.

En octobre 2010, Gilles Elsen, éditeur de "Vivre à Woluwé", avait enregistré une conversation avec le bourgmestre de Woluwé-Saint-Pierre et son échevin, Jean-Claude Laes, à leur insu. L'enregistrement circule depuis quelques jours dans la commune et dans les rédactions.

Pour empêcher les deux responsables de "Vivre à Woluwé" de diffuser l'enregistrement, en tout ou en partie, Willem Draps a saisi la Justice. Pour le bourgmestre, il s'agit d'un délit et le document est illégal. Pas du tout, a répondu le juge. L'enregistrement est légal, Gilles Elsen ayant participé à la conversation. L’éditeur peut donc utiliser l'enregistrement. En revanche, Patrick Rahier, son associé, ne peut s'en servir que comme moyen de preuve dans le cadre d'une procédure judiciaire.

L’échec est donc cuisant pour Willem Draps et son échevin des finances.

A l’origine, le mécontentement du bourgmestre

L'histoire démarre avec l'enregistrement de la conversation entre l'éditeur du magazine "Vivre à Woluwé", le bourgmestre Willem Draps et l'échevin Jean-Claude Laes. On y entend les deux élus critiquer vivement Gilles Elsen. Des menaces plus ou moins explicites sont formulées, même si le ton reste courtois.

Willem Draps affirme respecter la liberté de la presse. Mais ''La liberté de la presse implique le respect de certaines règles. Notamment le fait de pouvoir exercer des droits de réponse, le fait de respecter les lois sur les pratiques de commerce et de ne pas tromper le lecteur en faisant apparaître des articles qui, en réalité, sont des publicités'', rappelle-t-il.

Pour Gilles Elsen, il ne s'agit que de faux prétextes. D’après l'éditeur de "Vivre à Woluwé", Willem Draps veut la mort de sa revue. ''On se rend compte que l’on se fait systématiquement – dès le premier numéro en fait – oppressé par des mandataires locaux puissants, se plaint-il. On parle ici du bourgmestre qui me téléphone ne se plaignant qu’il n’est pas dedans, que sa photo n’est pas bonne. Il arrive un moment où l’on sature !''

Willem Draps et Jean-Claude Laes sont certes absents des pages de ‘’Vivre à Woluwe’’, mais on ne décèle, dans le magazine, aucune hostilité systématique à leur égard. Plusieurs échevins y apparaissent régulièrement. L'ex-bourgmestre, Jacques Vandenhaute, - devenu l'ennemi mortel de Willem Draps - y occupe une tribune régulière. D'où, sans doute, l'hostilité du maïeur de Woluwé-Saint-Pierre.  

Le prochain conseil communal écoutera, à huis-clos, le contenu de l'enregistrement effectué - à l'insu du bourgmestre - par l'éditeur du magazine. Ensuite, les conseillers communaux devront décider s’il faut écarter le bourgmestre et l'échevin Laes de l'asbl ''Wolu-Graphic''.

Philipppe Carlot - Xavier Van Oppens - Delphine Wilputte

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