Willemeau : planter un arbre, c'est bien, planter 1530 arbres, c'est Miyawaki

Ils ont contribué à planter les 1530 arbres
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Ils ont contribué à planter les 1530 arbres - © Pierre Wuidart

Planter des arbres, c’est bon pour capter du carbone, pour la biodiversité et pour la fraîcheur en été. Depuis ce jeudi, l’entité de Tournai compte 1530 arbres de plus. Deux cents personnes, surtout des élèves, ont participé à la création d’une forêt "Miyawaki" à Willemeau. Des charmes, des hêtres, des chênes… une vingtaine d’essences indigènes ont été plantées très serrées selon cette méthode japonaise pour recréer une forêt primitive.

"C’est bien, comme ça la nature sera plus grande. Il y aura plus d’oxygène. Et on pourra aussi y jouer, nous reconnecter à la nature", explique Ninon, élève de primaire aux Apicoliers à Tournai. Sa copine Lola rappelle qu’"il vaut mieux planter des arbres plutôt que les abattre pour en faire des feuilles". Surtout si ce sont des feuilles de contrôle, on imagine… Les chaussures et les bottes sont pleines de boue, mais le vent et la pluie ne découragent personne. Quatre élèves de 5e technique horticole de l’IPES travaillent en équipe : "Il y en a un qui fait les trous. Moi, je plante les arbres. Frédéric les déballe et Enzo va en chercher des nouveaux".

Cette jeune forêt pousse sur un terrain privé situé près de la chaussée de Douai, entre un champ de betteraves et une allée de peupliers. Le propriétaire, Philippe Derasse a déboursé 12.000 euros pour le réaliser. "Avec mon épouse Nathalie, on a voulu créer une oasis de biodiversité chez nous. On a fait un étang, on a mis une haie sauvage, on a disposé des tas de bois… et ici, c’est l’aboutissement, on a voulu créer une forêt." L’avantage avec les forêts Miyawaki, c’est qu’il ne faudra pas attendre 300 ans pour voir le résultat : ça pousse vite. Un mètre par an si tout va bien.

Une douzaine de forêts similaires en Belgique

En Belgique, une douzaine de forêts similaires ont vu le jour ces dernières années. Nicolas De Brabandère a importé la formule et la promeut via sa société Urban Forests. "C’est un projet avant tout participatif. Toutes les personnes qui sont venues donner un coup de main aujourd’hui sont invitées à revenir et à voir les arbres grandir. En plus de la biodiversité, l’enjeu, c’est de se reconnecter à la nature".

Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu. En 2018, une forêt de ce type installée sur le zoning de Péruwelz a été détruite par des lapins et des chevreuils. "Une clôture aurait permis d’éviter ça", garantit Nicolas De Brabandère. "Ici, on va en installer une de 60 cm de haut parce qu’on a identifié pas mal de lapins. On pourra la retirer au bout de deux ans".

Une fois tous les arbres plantés, les jardiniers les plus courageux encore présents ont procédé au paillage du sol. Ils ont répandu de la paille qu’ils ont fixée au sol au moyen de cordes tendues. À côté des élèves de différentes écoles, des adultes handicapés d’un centre d’accueil et des particuliers sont venus prêter main-forte. Denis Leroy, un Tournaisien, en a profité pour refourguer quelques arbres déjà un peu plus grands qu’il ne souhaitait pas garder dans son jardin. "Il y a des cornouillers sanguins, un noisetier, des groseilliers et même des rosiers".

Cette œuvre collective restera accessible au public. Les propriétaires ne clôtureront pas leur terrain (si ce n’est le temps de le protéger des lapins). Un sentier a été dessiné au centre du massif boisé pour permettre aux aventuriers de traverser sans trop de mal la future jungle qui sera à maturité dans trente ans.

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