Wendy produit des micropousses à Chaumont-Gistoux : "Je n'ai pas obtenu la certification bio à cause d'un vide juridique"

Dans une serre récemment aménagée, des micropousses de radis, de roquette ou encore de bourrache terminent de verdir. Wendy Glénisson, biologiste de formation à la recherche d’une nouvelle orientation professionnelle, s’est lancée dans leur culture en octobre dernier. Les micropousses, ce sont en fait de toutes jeunes plantes, qui ont à peine une semaine de croissance.

On les dit riches en goût et en éléments nutritifs, un argument qui séduit de plus en plus de chefs cuisiniers qui n’hésitent pas à les ajouter sur leurs assiettes. De nombreux producteurs, comme Wendy, se sont d’ailleurs lancés dans cette aventure.

"Malheureusement, comme aujourd’hui les restaurateurs et les traiteurs sont à l’arrêt, je n’ai pas beaucoup de micropousses en culture", déplore la cultivatrice, qui travaille sur commande avec cette clientèle professionnelle. Son autre débouché possible : les magasins bio et leur clientèle toujours en quête de produits sains. Mais la certification bio leur jusqu’ici refusée à ce type de culture.

Pourquoi ne pas considérer la micropousse comme une plante aromatique ?

Pour être certifiée bio, une production doit en fait être cultivée au sol, c’est-à-dire en pleine terre. Des dérogations sont possibles pour trois types de cultures : les chicons et graines germées, qui sont cultivés dans l’eau, et les plantes aromatiques, cultivées dans des pots. Pour les organismes certificateurs, les micropousses n’appartiennent à aucune de ces trois catégories.

"Je ne suis pas parvenue à obtenir cette certification pour une raison de vide juridique, explique Wendy. Les micropousses se situent à mi-chemin entre la graine germée et la plante aromatique. Pourquoi ne pas dès lors considérer la micropousse comme une plante aromatique ? C’est finalement aussi une plante dont on prend quelques feuilles pour mettre sur son assiette et donner un bon goût à son repas". La question posée par cette productrice est aujourd’hui sur la table des organismes de certification wallons, qui se basent sur une charte européenne.

Un projet d’entreprise remis en question

La cultivatrice avance encore d’autres arguments pour garantir le caractère bio de sa production : "Je ne demande évidemment la certification que pour les micropousses qui viennent de graines bio. Mon terreau est utilisable en agriculture bio, j’arrose avec de l’eau de pluie et mes micropousses bénéficient de lumière naturelle. Donc les critères pour bénéficier d’une certification bio sont respectés", ajoute-t-elle.

Mais sans cette certification, impossible de se faire ouvrir les portes des commerces bio. "Ils ont besoin d’avoir ce label apposé sur l’étiquette comme preuve irréfutable. Certains annoncent d’ailleurs vendre 100% de produits bio, c’est donc de bonne guerre qu’ils refusent mes produits qui ne sont pas certifiés", ajoute la productrice.

Actuellement hébergée par une couveuse d’entreprise, elle est en train de tester la viabilité de son projet professionnel. Si elle n’obtient pas cette certification et que les restaurants ne rouvrent pas dans un délai raisonnable, elle craint de devoir se réorienter. Elle n'est d'ailleurs pas la seule à réclamer cette certification : la question a aussi été posée auprès de la Commission européenne par l'Estonie. La balle est donc à présent dans le camp européen. 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK