Wavre réclame des mesures de limitation du bruit de l'autoroute E411

L'autoroute E411 passe tout près du centre de Wavre et des quartiers résidentiels
L'autoroute E411 passe tout près du centre de Wavre et des quartiers résidentiels - © Google Maps

Lors du dernier conseil communal, une motion a été votée à l'unanimité. Elle réclame des mesures en vue de limiter les nuisances sonores générées par le trafic routier sur l'autoroute E411. A l'origine de cette motion, un conseiller de l'opposition, le chef de file du groupe CdH, Benoit Thoreau. "Cette autoroute passe vraiment à côté de l'agglomération urbaine de Wavre et beaucoup de gens, surtout après la période de grand silence liée au confinement, se sont rendu compte du bruit généré par cette autoroute. De nombreuses personnes m'ont d'ailleurs interpellé pour me demander s'il y avait moyen de faire quelque chose", relate-t-il. A son grand étonnement, l'ensemble du conseil a suivi sa démarche et la motion a été adressée aux ministres wallons Philippe Henry et Valérie De Bue, respectivement en charge de la mobilité et de la sécurité routière.

Diminution de la vitesse ou murs anti-bruit?

Via cette motion, la ville de Wavre demande de renforcer le dispositif de panneaux anti-bruit existants et de  limiter la vitesse à 90 km/heure sur un tronçon allant de la sortie 5 à la sortie 8. Les ministres compétents se concerteront en septembre pour analyser la demande de Wavre ainsi que celle d'autres communes, comme Waterloo par exemple. Un budget est prévu pour placer davantage de murs anti-bruit sur le réseau autoroutier wallon. Quant à la diminution de la vitesse, elle fait davantage débat : encore faut-il que les automobilistes la respectent. "Pourtant, cela a déjà fait ses preuves aux abords d'autres villes européennes, comme Munich ou Valencienne, constate le conseiller CDH. Ce serait d'autant plus utile et sécurisant que ce tronçon compte plusieurs entrées et sorties". La motion demande aussi de prévoir des contrôles de la vitesse sur le tronçon d'autoroute concerné.

 Une mesure peu coûteuse et très facile à mettre en œuvre

Nous avons interrogés à ce propos un spécialiste en matière de mobilité. Pierre Tacheron est le responsable de l'agence belge du bureau d'étude international Transitec. Pour lui, cela ne fait aucun doute, diminuer la vitesse sur les autoroutes est la meilleure solution pour réduire les nuisances sonores, aux abords des villes notamment. " Pour qu'une diminution de bruit soit perceptible par l'usager, il faut qu'elle soit au moins de 3 dB. Pour y parvenir, il faudrait soit diviser le trafic par deux, ce qui est impossible, soit baisser la vitesse de 30 à 40 km/heure. On arrive quasiment au même résultat et c'est une mesure peu coûteuse et très facile à mettre en oeuvre", affirme-t-il. Il pense évidemment aux contrôles de vitesse et aux sanctions financières en cas d'infraction, qui sont particulièrement dissuasives.  Les autres solutions comme un changement de revêtement ou la pose de murs anti-bruit s'avère pour lui plus coûteuses et pas forcément efficaces. "Et ce n'est pas seulement une question de bruit : en baissant la vitesse, on intervient aussi sur la capacité du réseau, sachant qu'une autoroute atteint sa capacité maximale à environ 80 km/heure. Et puis, en passant de 130 à 90 km/heure, on divise quasiment par deux le bilan carbone", ajoute-t-il. Mais pour ce spécialiste, la Wallonie est à la traîne en la matière par rapport au reste de l'Europe.

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