Démarchage interdit pour les ONG sur le marché de Wavre: et pour les politiques?

Le démarchage des O.N.G. au marché hebdomadaire de Wavre n'est plus toléré par les autorités locales!
Désormais, les représentants des organisations non gouvernementales sont uniquement acceptés le lundi et le jeudi; à raison de seulement 5 fois par an, par organisation.

 Un coup dur pour la récolte de fonds d'une série d'organisations comme Oxfam ou Amnesty International... d'autant que c'est le grand marché du mercredi qui attire la foule dans les rues de la cité du Maca. Et qui offre aux ONG davantage de possibilités pour collecter les dons.

Entrave au commerce?

Les autorités locales disent vouloir éviter un "démarchage qui ferait entrave au commerce"... un argument loin de faire l'unanimité. Pour la plupart des marchands que nous avons interrogés sur place, le démarchage des ONG ne pose pas de véritable problème. "La présence des ONG ne me dérange pas".

"Moi, je trouve cela normal. C'est d'ailleurs très bien qu'ils viennent sur les marchés. Il y a du monde. Et pour eux, c'est une occasion de rencontrer beaucoup de gens, de récolter des fonds et de susciter de nouvelles recrues pour un travail important et utile à la société. Que ce soit la Croix-Rouge, Oxfam ou Amnesty International, par exemple, ces volontaires ont le droit de solliciter les gens".

Un avis dominant chez les commerçants. Et largement partagé par les clients du marché hebdomadaire. Des clients qui se disent "assez grands pour savoir s'ils acceptent ou non les sollicitations des ONG".

Cette tolérance est toutefois assortie d'une condition: les ONG doivent respecter le travail des maraîchers et autres marchands, ainsi que la quiétude des clients. "Tout le monde peut essayer de récolter des fonds. Mais bien-sûr, il faut respecter l'espace pour chacun". Car un des problèmes qui s'est posé à Wavre, nous ont précisé quelques commerçants, c'est le choix des sites de démarchage. "Il est arrivé à maintes reprises que plusieurs représentants d'ONG travaillent au même endroit, devant les mêmes commerçants. Et là, ça devient gênant. Il faudrait sans doute organiser le démarchage autrement. Mais visiblement, les autorités locales ont déjà serré la vis", commente un maraîcher.

Wavre sanctionne   

Pour la bourgmestre faisant fonction, Françoise Pigeolet, la multiplication des plaintes émanant de commerçants et de clients justifiait la récente modification du règlement de police.

"Nous avons jugé opportun d'apporter quelques petites modifications à notre règlement général de police. Désormais, les ONG peuvent faire du démarchage le lundi et le jeudi. 5 fois par an. C'est vrai que ce ne sont pas les jours de grande affluence. Mais nous devons veiller à l'intérêt général".    

Casus belli

Pour les ONG, la décision de la Ville de Wavre constitue pratiquement une déclaration de guerre. C'est en tout cas une mesure excessive à leurs yeux. D'autant plus "qu'il n'y a pas eu de concertation avec la Ville de Wavre", assure Philippe Hensmans, directeur général d'Amnesty International-Belgique francophone.

"Ce que je regrette le plus, c'est qu'il n'y ait pas eu de dialogue préalable pour essayer de trouver des solutions pouvant satisfaire les uns et les autres. Il peut effectivement y avoir un représentant d'ONG qui abuse ou qui se montre un peu trop insistant. Mais généralement, il n'y a pas de gros problèmes. Cette décision est dommageable, tant pour les ONG que pour l'image de la commune de Wavre".    

Les ONG espèrent donc que d'autres communes n'emboîteront pas le pas à la cité du Maca. Car la collecte de dons et la recherche de nouveaux bénévoles en seraient fortement affectées.

Démarchage électoral?

Reste à voir si le démarchage électoral, lui, subira ou non les mêmes restrictions à l'approche du scrutin communal du 14 octobre. La démarche électoraliste sur les marchés hebdomadaires est plus ponctuelle, certes. Mais quelques mois avant les communales, elle suscite déjà des commentaires. "Va-t-on aussi réglementer le démarchage électoral? Les candidats aux élections pourront-ils, eux, sillonner les rues du centre le jour du marché, soit le mercredi? Aura-t-on un deux poids deux mesures"?

Nous avons interrogé la bourgmestre faisant fonction. "Je dois avouer que nous n'avions pas pensé à cela", répond Françoise Pigeolet. "Ni au collège, ni au conseil communal. Mais il serait évidemment normal que les candidats n'importunent ni les marchands, ni les clients. Quant à savoir s'ils pourront approcher l'électeur le jour du marché, nous allons en débattre. Je vais inscrire le point à l'ordre du jour du prochain conseil communal".   

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK