Wavre : comportementalisme et bien-être animal s'invitent en classe

Le thème de la leçon du jour pour la classe de sixième année primaire de l’école communale de l’Orangerie est "Comment bien s’occuper de son chien ?". C’est Corinne Verstraelen qui la propose. Les élèves la connaissent bien vu qu’elle leur donne habituellement cours de néerlandais. Mais ici, à l’invitation du projet "Refuges et tableaux noirs", elle a coiffé sa deuxième casquette, celle de comportementaliste animalier.

La discussion s’engage autour de leur vécu : ont-ils un chien ou en fréquentent-ils un dans leur entourage ? Et surtout, comment agissent-ils avec l’animal ? "Ce n’est pas qu’ils n’agissent pas bien mais il y a beaucoup de choses qu’ils ignorent, constate l’enseignante. Par exemple, quand ils retrouvent leur chien le soir, ils pensent qu’il a eu une vie bien tranquille à la maison, alors que tout ce qu’il attendait, c’était le retour de ses maîtres et qu’il s’est peut-être ennuyé toute la journée".

Les abandons dus au comportement sont des abandons qu’on pourrait éviter

Lors de l’animation, la comportementaliste démontre aux enfants que des chiens qui manquent d’activité, physique comme intellectuelle, développent souvent un comportement agressif ou s’attaquent aux objets dans la maison. Elle leur explique aussi leurs réels besoins : celui de se dépenser, souvent, mais aussi celui d’être laissés tranquilles à des moments précis. Elle leur apprend aussi à décoder leur langage corporel, à comprendre s’ils ont envie de sortir, d’avoir des câlins, ou s’ils se sentent en danger, par exemple. Mal interprétés, ces comportements peuvent, dans beaucoup de cas, mener à un abandon de l’animal.

"Contrairement à ceux dus à des décès, des séparations, des déménagements, ce sont des abandons qu’on pourrait éviter. Les gens constatent que leur chien aboie, saute sur les gens, est agressif, détruit, et ils ne prennent pas la peine de savoir pourquoi. Ce sont en fait des manières de compenser un manque d’activité, de dépenses énergétiques", explique Corinne Verstraelen. Un chien dont tous les besoins sont comblés est donc un chien heureux, qui ne pose pas de problèmes à ses maîtres. A condition, évidemment, qu’ils lui consacrent du temps.

Aller au-delà des slogans

Avec "Refuges et tableaux noirs", Fabrice Ligny, lui-même enseignant et bénévole dans des refuges, a déjà permis de sensibiliser plusieurs milliers d’élèves à cette problématique. Pour lui, marteler des slogans tels que "Les animaux ne sont pas des jouets" ou "Ne les abandonnez pas", ce n’est pas suffisant. "Je pense qu’il faut surtout donner aux enfants comme aux adultes les moyens de comprendre pourquoi on n’abandonne pas son chien, ou même pourquoi on l’abandonne. En comprenant pourquoi on abandonne son chien, on va finalement arriver à changer les mentalités et les connaissances", insiste-t-il.

Ces ateliers en classe visent donc à faire de la prévention des abandons. "Mais, en travaillant sur nos animaux domestiques, on va pouvoir sensibiliser aux autres animaux, et c’est aussi un moyen d’amener la notion de bien être animal à l’école", poursuit-il.

Je sais maintenant qu’il ne faut pas caresser un chien quand il mange

La séance du jour était un peu exceptionnelle, vu qu’elle clôturait une action menée au sein de l’école, pour collecter nourriture et jouets pour les pensionnaires d’un refuge animalier. La marraine de l’opération, Maureen Louys, est à cette occasion venue témoigner de sa propre expérience devant la classe. "C’est bien de se rendre compte qu’un chien n’est pas là que pour les câlins. Pourtant je suis tout le temps collée à eux, reconnaît l’animatrice. Ils ont aussi droit à leur petit confort, à leur intimité. Il faut aussi leur donner l’occasion de mastiquer, de s’occuper. Ça réduit le nombre d’accidents et d’abandons dans les refuges".

Le message semble être passé auprès des élèves, tant ceux qui ont un chien, que ceux qui en voudraient un. "J’ai déjà été caresser un chien quand il mangeait et je sais maintenant que ça ne se fait pas", confie Mouhamad, qui rêve d’avoir un jour un husky. Océane, elle, a déjà abordé la question d’adopter un chien avec ses parents et cette séance de sensibilisation la conforte dans son choix. "C’est chouette, comme on est voisins, nos chiens pourront se dire bonjour", se réjouit déjà Louis, qui apprécie les balades et les jeux avec son berger allemand, et a fait le plein de nouvelles idées en classe pour que son chien reste heureux le plus longtemps possible dans sa famille.

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