Wavre: 150 coopérateurs aux commandes du magasin zéro déchets Macavrac

La file, le jour de l'ouverture du magasin
La file, le jour de l'ouverture du magasin - © S. Vandreck

Des bocaux d'olives, de grands sacs de noisettes ou de riz, des œufs, des légumes bio de petits producteurs locaux, des produits d'entretien, des bières "made in BW"... Le magasin Macavrac, qui vient d'ouvrir à Wavre, ressemble à première vue à n'importe quel autre magasin zéro déchet. Ces dernières années, une petite trentaine d'enseignes du genre ont ouvert leurs portes en Brabant wallon, pour répondre à la demande d'une clientèle sensible à la réduction des déchets, au local et au bio. La particularité de Macavrac, installé dans un local de l'Athénée royal Maurice Carême, est de fonctionner en coopérative. "Nos coopérateurs ont investi un montant minimum de 100 euros et s'engagent en outre à prester trois heures par mois dans le magasin. C'est un magasin qui fonctionne sans employés. Je suis en fait la seule employée pour coordonner le tout", précise Audrey Martin, la coordinatrice du magasin. En échange de leur participation, les coopérateurs bénéficient de réductions sur leurs achats.

Une finalité sociale

Le projet émane du mouvement citoyen "Wavre en Transition". L'appel aux coopérateurs a été lancé il y a quelques mois et ils sont 150 à avoir répondu positivement. Brigitte ne cache pas son enthousiasme: "Je trouve ça génial pour des citoyens de participer à une épicerie. De pouvoir acheter de la qualité, diminuer les prix du bio et faire vivre les petits producteur locaux". Les critères de sélection du magasin pour ses produits sont en effet qu'ils soient, dans la mesure du possible, zéro déchets, locaux, bio ou équitables, et que leurs prix restent accessibles. "Ce n'est pas toujours facile, reconnait Audrey Martin. C'est une équation à plusieurs composantes. Mais le fait d'être en coopérative, d'avoir peu de frais de fonctionnement, va nous permettre de jongler avec tous ces critères". La coopérative a également une finalité sociale: outre les prix des produits, qu'elle essaie de maintenir bas, elle donnera ses invendus au CPAS et accueillera des jeunes en décrochage scolaire pour donner un coup de main.

Il faut concilier le monde du commerce et un fonctionnement participatif, plus lent

S'investir dans cette coopérative, c'est donc découvrir le métier de vendeur. Le jour de l'ouverture, les coopérateurs se sont ainsi initiés au fonctionnement de la caisse. "Il faut surtout reconnaître les produits, on n'a pas eu le temps de se familiariser avec tout. Je n'ai jamais utilisé une telle machine, c'est une grosse découverte pour moi", constate Olivier. Les coopérateurs ont également leur mot à dire dans le choix des produits et des fournisseurs. Faire vivre un magasin, quand on est 150, s'annonce comme un réel challenge. "Un magasin, c'est compliqué gérer. Il faut être très rigoureux, en matière de comptabilité ou de normes AFSCA. Il faut pouvoir aussi concilier le monde du commerce, qui doit rouler, avec les commandes, les factures etc., et un fonctionnement participatif qui prend plus de temps. Mais pour le moment, on y arrive", affirme la coordinatrice.

Encore de la place pour ce genre de commerce

Dès l'ouverture, les clients se sont pressés dans le magasin, contents de trouver un tel commerce près de chez eux. "Surtout quand on n'a pas de voiture!", commente Anne, qui vient faire ses premiers achets au magasin. Si les magasins de vrac et de bio sont relativement nombreux en Brabant wallon (le site Ecoconso en dénombre 27), ceux-ci sont encore souvent situés loin des centres urbains dans la province. Le bureau d'étude Sirius Insight, de Mont-Saint-Guibert, s'est penché sur la question. Selon son analyse, l'offre peut encore progresser en Brabant wallon, la population de cette partie du pays étant plus demandeuse de produits bio. "Les magasins bio, dont la proximité est un atout, restent relativement distants des ménages dans le Brabant Wallon. 20% de la population ne trouve aucun magasin bio dans un rayon de 10 minutes ce qui démontre que l’offre est encore peu dense et diversifiée", constate l'étude. Le bureau recommande cependant à ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure du bio et du vrac dans la province de mener une étude de marché approfondie préalable.

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