Wallonie picarde: plusieurs poulaillers touchés par la variole

Des taches sur la crête sont les premiers signes d'alerte
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Des taches sur la crête sont les premiers signes d'alerte - © S. Grulois

Le virus de la variole se propage chez les volatiles à l’automne, quand les bêtes sont affaiblies physiquement, alors que leur période de ponte se termine et qu’elles entrent dans leur période de mue. Les sujets les plus faibles sont alors les plus vulnérables.

"Les insectes piqueurs jouent un rôle dans la transmission de la maladie, explique Pierre Parez, vétérinaire de Frasnes, spécialisé dans les volatiles. Il a fait chaud plus tard dans la saison, il y a donc eu plus d’insectes que les autres années".

Les élevages en plein air sont par conséquent les plus touchés. Plusieurs cas de variole de la poule ont été constatés en Flandre, mais aussi en Wallonie Picarde.

A Velaines, Michaël Masure a ainsi vu le poulailler qu'il avait installé dans son jardin décimé par la maladie: "J'ai perdu une première poule il y a quelques semaines. Quand j'ai vu qu'une deuxième était atteinte, j'ai décidé de toutes les tuer. Ça m'a fait mal au cœur, même si je n'y suis pas particulièrement attaché. Je les élevais juste pour les œufs. Mais cette fois, j'arrête l'élevage".

L’AFSCA n’a cependant pas émis de recommandations à propos de ce virus. Le confinement des volailles n’est ainsi pas nécessaire.

Trois questions à Pierre Parez, vétérinaire

A quoi ressemblent les symptômes de la variole de la poule?

"Il en existe deux formes: une forme cutanée, qui attaque la crête, les barbillons, la peau en général à l’extérieur, et forme de petites taches, de petites pustules. Ce n’est pas très grave. Elle peut même guérir d’elle-même, surtout si on tamponne les lésions avec un peu d’iso-Bétadine. Par contre, la forme la plus grave est celle qui atteint les muqueuses, l’intérieur du bec. Les dépôts provoquent l’étouffement des volailles, des difficultés respiratoires, des difficultés de s’alimenter. Si l’infection atteint l’articulation du bec, qui se nécrose, les lésions sont irréversibles et la volaille ne parvient plus à s’alimenter et c’est fini".

Quels conseils donner à ceux qui élèvent des poules dans leur jardin ?

"Il faut les survitaminer! D’expérience, comme je prépare mes volailles pour les expositions à cette période, elles reçoivent des compléments de vitamines pour être au top. J’ai eu un cas de variole sur les trente ou quarante bêtes que j’ai ici et c’était la plus faible. Donc si on peut leur donner une alimentation super correcte et beaucoup de vitamines, c’est déjà un bon point. Maintenant, l’idéal c’est de les vacciner, mais il faut le faire en juillet, quand il n’y a encore rien, et là on n’y pense pas forcément".

Est-ce une maladie contagieuse ?

"Entre volatiles, oui, par les coups de becs, par exemple. D’ailleurs, dès qu’une poule est malade dans un élevage, mieux vaut l’euthanasier pour ne pas contaminer les autres. Il n’a par contre pas de danger pour les autres animaux domestiques, et même entre différentes classes de volatiles. La maladie existe aussi chez les pigeons, mais ce n’est pas le même virus. Elle ne représente pas non plus de danger pour l’humain. De toute façon, l’odeur provoquée par la maladie chez l’animal est telle, qu’elle dissuade d’en consommer les œufs".

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