Wallonie picarde: la FGTB dénonce la précarité du travail intérimaire

La FGTB était notamment présente ce mardi matin à la gare de Mouscron.
La FGTB était notamment présente ce mardi matin à la gare de Mouscron. - © Google Maps

Des syndicalistes de la FGTB ont distribué ce mardi des tracts pour dénoncer la précarité du travail intérimaire. La FGTB estime que les entreprises usent et abusent du système. Mais à l'occasion de sa rentrée, la FGTB insiste aussi sur son deuxième combat : les exclusions du chômage. Au 1er janvier prochain, en Wallonie picarde, la FGTB estime que 900 de ses affiliés risquent de perdre leurs allocations. Et le syndicat compte bien tout faire pour leur obtenir un sursis.

La FGTB a effectué sa rentrée sociale avec un regard sombre. Comme un lendemain de guindaille. Comme si le résultat des dernières élections fédérales et la composition du gouvernement qui se profile minaient le syndicat.
"Quand je pense que l'on ose appeler cette coalition, tempête Charles Vandecasteele, président de la FGTB Wallonie picarde. Oui, on dit la suédoise à cause du bleu des libéraux et du jaune de la N-VA, mais comparez cette coalition avec un pays comme la Suède... Il faut bien se rendre compte que c'est un gouvernement qui va faire mal. Et à toutes les classes. Et l'austérité ne permet pas d'améliorer la situation. Toucher au pouvoir d'achat est contre-productif."
La précédente coalition a toutefois donné le tempo, en matière d'austérité. "Les travailleurs sans emploi vont payer les pots cassés", souligne Jean Peeters, secrétaire régional pour la FGTB Wallonie picarde, qui évoque ensuite trois actions que va prochainement mener le syndicat, dont une campagne sur le temps partiel et les pièges à éviter.
Une autre action concerne les exclusions du chômage au 1er janvier 2015. "Nous allons convier les 900 affiliés de la FGTB Wallonie picarde concernés par cette disposition et nous allons éplucher chaque dossier, et voir s'il n'est pas possible de trouver l'un ou l'autre élément qui permettrait de surseoir la décision d'exclusion du chômage."
Jean Peeters songe à des journées de travail intérimaire qui, bout à bout, pourrait permettre à la personne de gagner un peu de répit, ou à l'incapacité permanente d'au moins 33%, ou encore aux formations que l'allocataire social aurait oublié de déclarer.
Or, ces éléments peuvent permettre au travailler sans emploi d'obtenir une prolongation de ses droits, de 6 mois dans la plupart des cas. "C'est une sorte de sursis, c'est vrai, mais il peut permettre de retrouver un travail. C'est ce que nous espérons, du moins."
À noter qu'à partir du 1er mars 2015, 300 autres personnes s'ajouteront aux 900 premières à être dans les critères d'exclusion du chômage. "Une mesure inégalitaire qui ne rapportera presque rien en termes d'économies budgétaires à l'État : pas plus de 125 millions d'euros, une fois déduit le coût des revenus d'intégration sociale."

Contre l'intérim à la journée

La troisième action : la lutte contre les contrats intérim journaliers. Charles Vandecasteele n'a rien contre le travail intérimaire quand il s'agit de répondre à un plus grand nombre de commandes nécessitant plus de travailleurs. Par contre, ses poils se hérissent au simple constat que les entreprises abusent allègrement du contrat intérimaire. "Ce même contrat que certains décrivent finalement comme le passage obligé au CDI, alors que certains travailleurs les accumulent, des contrats à la journée, durant des mois, voire des années."

Le syndicat estime que le contrat intérim à la journée est "totalement inacceptable". "C'est l'incertitude au quotidien, ce sont les coups de fil le matin même pour travailler dans la journée, ce sont les banques qui refusent un crédit, un prêt, car vous avez un contrat précaire, c'est une flexibilité accrue et une polyvalence que l'on exige du travailleur."
Du côté des entreprises, visiblement, ce type de contrat plait. "C'est bien simple. En 10 ans, le nombre de contrats journaliers a doublé. En 2004, il était d'un peu plus de 3,4 millions, contre 6,6 millions aujourd'hui. Un autre chiffre : en 2004, les contrats journaliers représentaient 44,23% des contrats intérim, contre 60,94% en 2014. En d'autres termes, six contrats intérimaires sur dix sont des contrats journaliers. Nous sommes très loin de l'esprit de la législation qui prévoit l'utilisation de tels contrats en cas de besoin exceptionnel et ponctuel de main-d’œuvre !"
C'est dans le cadre de sa lutte contre la banalisation du contrat journalier que la FGTB Wallonie picarde sera présente ce mardi à Mouscron et ce jeudi à Tournai, à chaque fois à la gare puis au marché. Des brochures didactiques sur des sujets majeurs qui peuvent intéresser les travailleurs intérimaires seront distribuées.

Laurent Dupuis

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