Walcourt: au contact des réfugiés, les craintes se sont apaisées

Les réunions plus que houleuses qui s’étaient déroulées à la fin du mois d’octobre du côté de Walcourt au sujet de l’arrivée imminente de réfugiés dans l’entité, avaient fait beaucoup de bruit. Une partie des habitants étaient en effet très opposés à la venue des 210 réfugiés, et l’avaient violemment exprimé.

Aujourd’hui,  la vie a repris son cours, avec ces nouveaux habitants. Il semblerait que les esprits de certains se soient apaisés.

Des regrets quant aux propos tenus

Certains avaient eu des propos très durs envers ces réfugiés. C’est notamment le cas de Stéphane Kosa, habitant de Thy-le-Château. A l’époque, interrogé par les médias, il avait exprimé ses craintes et disait vouloir protéger le village de ces personnes ayant vu la guerre, il disait avoir "peur des représailles". Mais aujourd’hui, il regrette ses paroles. "J’ai peut-être mal réagi au départ", dit-il en poursuivant : "Il y en a beaucoup qui ont regretté de toute façon parce qu’on ne les connaissait pas. (…) Ils sont géniaux. Je ne vais pas dire du mal d’eux parce qu’ils n’ont rien fait." Un témoignage corroboré par certains habitants de Thy-le-Château, Chastrès et Walcourt mais également décrié par d'autres.  

Des citoyens se mobilisent pour aider les réfugiés

Peu après l’arrivée des réfugiés dans l’entité de Walcourt, un collectif citoyen s’est mis en place. Des habitants de la région ont décidé de faciliter l’intégration et l’adaptation de ces réfugiés. "C’est un mouvement qui s’est fait par rapport à la très mauvaise réaction de base", explique Sylvie Delorge, membre de ce collectif. Selon elle, beaucoup de citoyens ont été choqués par certains propos tenus lors des réunions. C’est cela qui les aurait poussés à se rassembler pour venir en aide aux réfugiés. Une façon peut-être de montrer un autre visage de Walcourt.

Ensemble, ils organisent donc toute une série d’activités comme des cours d’alphabétisation pour adultes, une école des devoirs pour les enfants, mais aussi une collecte de jouets pour permettre aux petits de découvrir la fête de Saint-Nicolas, et ainsi partager une coutume de chez nous.

L’école, inéluctablement un facteur d’intégration

Les enfants ont par ailleurs pris le chemin de l’école. L’intégration s’y passe bien, même si la barrière de la langue rend le travail des instituteurs assez compliqué. La plupart de ces nouveaux élèves ne parlent pas français, ils ne peuvent donc pas suivre normalement les cours. Ils doivent d’abord apprendre à maîtriser la langue et peuvent compter sur leurs camarades de classe selon Cyril Fortehomme, instituteur à l’école des Charmilles (Thy-le-Château) où sont scolarisés six enfants réfugiés. Il remarque que les enfants jouent ensemble et que cela leur permettra de rapidement progresser en français.

Une intégration tout de même compliquée

Il y a néanmoins ceux qui pensent qu’une intégration des adultes est très compliquée. Pour eux, c’est le trop grand nombre de ces réfugiés dans un petit village qui en est la cause. A Chastrès par exemple, une personne sur cinq est désormais un réfugié. Pour certains habitants, cette situation est peu propice à une intégration réussie, car leur nombre en effraie beaucoup.

Alors oui, aujourd’hui certains ont changé d’opinion, mais d’autres campent toujours sur leur position, nous en avons rencontrés en nous baladant dans les rues de Walcourt. Ceux qui ont fait des efforts permettront-ils de redorer l’image de l’entité ? Sans doute. Quant à l’intégration, elle semble peut-être aujourd’hui moins impossible qu’hier, mais elle n'est pas gagnée pour autant.

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