Voyants et malvoyants en tandem dans les rues de Liège

Une cinquantaine de tandems, et donc une centaine de cyclistes, ont pris possession des rues de la ville de Liège. La plupart d’entre eux sont membre de clubs tandems pour personnes déficientes visuelles de Bruxelles, Mons, Namur, Herve et évidemment, Liège. Derrière cet événement, l’association "La Lumière", qui vient en aide aux personnes mal voyantes et aveugles et fête ses 100 ans cette année.

Pour certains participants, c’est l’occasion de s’initier à rouler en tandem, comme pour Michel, qui n’avait fait du tandem qu’une fois avec son épouse, il y a 30 ans. " Je n’ai fait qu’un seul essai pendant quelques minutes, et maintenant, je vais me lancer avec Loredana en se faisant mutuellement confiance." Loredana est déficiente visuelle depuis sa naissance, et elle, elle a découvert le tandem en 2015. Une discipline pour laquelle, elle a déjà des qualités, d’après elle. "L’aptitude, je l’ai. La résistance, je l’ai, mais la force est moins présente." Le tandem est une activité qui lui apporte aussi beaucoup de belles choses. "Cela m’apporte beaucoup de joie et cela me fait aussi beaucoup de bien, car je suis dans la nature et grâce à cette activité, je découvre des endroits, des places, que je ne pourrais voir autrement. Ce qui est aussi d’une grande richesse, est la rencontre avec le pilote. Ce n’est jamais le même pilote qui nous accompagne. Je fais aussi connaissance avec d’autres personnes. Et cet événement est aussi l’occasion de partager nos expériences."

Parmi d’autres cyclistes présents à cet événement, le plaisir est également le mot qui revient dans leur bouche lorsqu’ils évoquent cette matinée sur le tandem. Pour Emma, atteinte de la polio, une maladie qui provoque une paralysie musculaire, "C’est vraiment de la liberté. C’est la liberté de faire quelque chose et de faire quelque chose avec d’autres, " raconte la jeune femme. Pour Michel, en tandem avec Emma, rouler en tandem n’a pas été sans difficultés." Ce qui a été difficile était la faible vitesse. Avec ce vélo, quand on ne va pas assez vite, c’est compliqué de rester droit. Je secoue donc Emma un peu de gauche à droite, mais j’essaye de garder le cap." confesse-t-il. Pour fonctionner correctement, la clé est la communication, et la coordination entre le pilote et son équipier, comme l’explique l’organisateur de cette balade en tandem, Dominique Jacquemin,"les deux pédaliers sont reliés. On ne sait donc pas pédaler l’un sans l’autre. Il faut une grande coordination. Si l’équipage ne fonctionne pas, le tandem n’avance pas."

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