Votre enfant ira-t-il à la piscine avec l'école cette année?

Plusieurs écoles ont déjà annoncé aux responsables de la piscine de Mons qu'elles ne viendraient plus.
Plusieurs écoles ont déjà annoncé aux responsables de la piscine de Mons qu'elles ne viendraient plus. - © S. Vandreck

La question se pose s'il fréquente le réseau libre, comme un enfant sur deux en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le SEGEC, le Secrétariat général de l'Enseignement catholique, recommande à ses écoles primaires de renforcer dès cette rentrée la surveillance des enfants lors des sorties à la piscine. Catherine Paesmans, directrice de l’école Sainte-Angèle des Ursulines, à Mons, a analysé la circulaire attentivement: "On nous recommande d’avoir deux adultes qui feraient de la surveillance au bord de la piscine, en plus du maître-nageur et du professeur d’éducation physique". La circulaire précise que ce dernier assure la mission pédagogique, que le maître-nageur s’occupe du sauvetage. "Comme nous partons avec deux classes à la fois, il nous faudrait donc quatre adultes en plus et c’est ingérable", ajoute-t-elle. Les titulaires de classe pourraient effectuer cette tâche, mais il faudrait alors les libérer de leurs heures de surveillance à l’école, lors des récréations, et donc engager quelqu’un pour les remplacer. Un vrai casse-tête organisationnel et financier pour la directrice, qui doute aussi de trouver des volontaires: "C’est une responsabilité énorme! Quand tout va bien, c’est merveilleux… Mais le jour où il y a un problème…?"

L’affaire Emeric dans toutes les mémoires

Comme beaucoup d’enseignants et de chefs d’établissement, Catherine Paesmans garde en mémoire le décès du petit Emeric en 2009. Lors d’une sortie scolaire à la piscine de La Louvière, l’enfant avait échappé à la vigilance des institutrices et s’était noyé dans une zone à laquelle il ne devait pas avoir accès. Ce fait divers, et le procès qui a suivi, a secoué le monde enseignant. Le SEGEC n’émet que des recommandations, mais la directrice n’a pas envie de passer outre, de peur de se retrouver devant le tribunal, " s’il arrivait quelque chose ". Elle a donc préféré renoncer à envoyer ses élèves à la piscine, en attendant de trouver une solution. L’école s’est notamment adressée à la piscine de Mons, où elle se rendait jusqu’à la fin de l’année dernière. Son directeur, Eric Rousseau, a déjà été contacté par plusieurs écoles à ce propos. Il cherche des solutions de son côté, mais ses moyens financiers sont aussi limités. Il propose donc que ces postes d’encadrement soient subsidiés, "au même titre que les défibrillateurs. On parle également de sécurité et de danger dans ce cas-ci".

Apprentissage à deux vitesses

En attendant, l’école a annoncé à ses élèves qu’ils n’iraient pas au cours de natation cette année. Ces cours sont donnés à partir de la 4e année primaire. "J’espérais être avec des copines pour apprendre à nager", regrette Lola. La petite fille prendra des cours de natation en dehors de l’école. Mais il faut encore que les parents aient le temps ou les moyens d’offrir ces cours à leurs enfants. "En fin de 6e année, normalement, 99% des enfants savent nager avec les cours de natation à l’école, explique Nathalie Lejeune, professeur d’éducation physique. Maintenant, beaucoup d’enfants vont arriver en secondaire sans savoir faire une longueur de bassin". Les professeurs de secondaire, qui eux peuvent aller seuls à la piscine avec leurs élèves, risquent donc de se retrouver avec des enfants qui ont appris à nager avec leurs parents, et d’autres à qui il faudra seulement apprendre à nager. "Leur tâche va être plus compliquée, poursuit l’enseignante. Mais je pense aussi qu’on risque d’avoir plus d’accidents en dehors de l’école, en famille, pendant les vacances, où c’est moins encadré qu’à l’école, même si beaucoup de parents sont vigilants".

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