Vols de vélos en hausse à Bruxelles : quelques astuces pour en réduire les risques

La hausse des vols de vélos est indéniable à Bruxelles. En 2019, la police enregistrait une hausse des plaintes de près de 10% par rapport à 2018, une hausse de 44% depuis 5 ans (contrairement à la Wallonie et à la Flandre où les chiffres ont plutôt tendance à baisser).

Des chiffres largement sous-estimés puisque seuls 30% à 40% des personnes déposent plainte suite au vol de leur vélo. "Aujourd’hui, on estime à 12.000 vols de vélos par an à Bruxelles. Soit 32 vélos volés à Bruxelles par jour. C’est-à-dire vingt fois plus de vélos volés que de voitures volées", affirme Michaël de Borman, chef de projet prévention vol de vélos à l’asbl Cyclo et responsable de la plateforme d’enregistrement des vélos My Bike.

Il faut dire que c’est en Région bruxelloise que l’on enregistre la plus forte augmentation de l’usage du vélo. Leur valeur marchande a aussi fortement augmenté. "On est passé de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros pour un vélo", explique Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles.

Il faut idéalement deux cadenas

Quant aux voleurs ils sont de mieux en mieux équipés. Au pied-de-biche et à la Pince-monseigneur, s’est ajoutée la disqueuse portable à laquelle très peu de cadenas résistent longtemps. Est-ce que cela veut dire que les cadenas ne servent plus à rien ? "Bien sûr que si !", nous rétorque Michaël de Borman, responsable du projet My Bike. Et de nous rappeler qu'"il faut toujours attacher le cadre d’un vélo, et pas seulement la roue."

"Et il faut idéalement deux cadenas. Un cadenas en U d’une bonne résistance, pas les petits cadenas en tire-bouchon à 3 euros dans les magasins bon marché. Ça tient exactement deux secondes. Nous conseillons fortement l’usage d’un cadenas roue appelé aussi cadenas cadre ou cadenas sabot. C’est un cadenas qui est fixé sur le cadre à hauteur de la roue arrière et où avec une clé on peut faire rentrer une petite languette entre les rayons."


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Avec ce type de mécanisme, le voleur va mettre plus de temps à le déverrouiller. "Il ne pourra pas partir directement avec votre vélo. Ces cadenas sont assez difficiles à couper et en les coupant avec une disqueuse, le voleur risque de casser les rayons. De plus, si on s’arrange pour mettre la pipette de la roue arrière à hauteur du cadenas, le voleur a de forte chance de crever le pneu s’il essaie de le couper avec la disqueuse". A noter qu’il existe aussi depuis peu des cadenas qui font du bruit si un voleur y touche.

Autrement dit, il faut multiplier les protections pour décourager le voleur. C’est aussi l’avis d’Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles. Étant lui-même cycliste, il a aussi deux cadenas de différentes factures, pour obliger le voleur à devoir utiliser deux techniques différentes s’il veut emporter son trophée. "Cela va réduire l’attractivité de mon vélo pour le voleur", dit-il.

Autre conseil : "il y a aussi des parkings surveillés ou des parkings où il faut badger pour y avoir accès. Il y a des places disponibles", précise-t-il. "Cela demande un certain changement dans nos habitudes dans le sens où on ne peut pas mettre le vélo directement devant l’endroit où on va. Comme cycliste, c’est souvent ce que l’on fait. Mais ces possibilités existent. Quant aux vélos électriques, c’est bien de prendre l’habitude d’enlever la batterie quand on le laisse quelque part. Cela dissuade aussi".

Enregistrer son vélo dans une base de données

Il est aussi fortement conseillé d’enregistrer son ou ses vélos sur My Bike Brussels. La plateforme d’enregistrement des vélos a été mise en place il y a deux ans et elle permet de retrouver les propriétaires de vélos volés : "La gravure de vélos ne se fait plus".

Aujourd’hui le propriétaire d’un vélo doit se créer un compte sur le site et y enregistrer son vélo en y mettant un maximum d’informations comme le numéro de série, la couleur du vélo, etc. On peut également y ajouter des photos. "Une base d’informations avec laquelle il peut déposer plainte" et signaler directement le vol sur le site.

"Au dépôt bruxellois des vélos retrouvés, on reçoit plusieurs fois par semaine des coups de fil de personnes qui demandent si on n’a pas retrouvé leur vélo blanc dont ils ne connaissent ni la marque ni le modèle. Et donc ici, on a tout un élément préalable pour que, au moins, quand il est volé, on ait les informations nécessaires à fournir à la police pour essayer de le retrouver", explique Michaël de Borman.

À ces informations, s’ajoute l’application d’un autocollant (avec un QR Code gratuit), envoyé à votre domicile. Une fois collé sur votre vélo il est quasiment impossible de l’enlever totalement.

Déposer plainte reste une démarche importante

De son côté, la police de Bruxelles a décidé de mettre les moyens pour enrayer ce phénomène : "On est présent sur les réseaux sociaux où on échange avec les autres zones de police. On met en évidence les vélos qui sont retrouvés pour retrouver les propriétaires. S’il y a le sticker My Bike Brussels, ou une autre forme d’enregistrement, tant mieux, parce qu’on peut facilement faire ce lien. Donc, l’enregistrement, c’est un acte préventif quelque part que le propriétaire d’un vélo peut faire et c’est essentiel aussi dans la démarche", explique Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles.

En cas de vol, il faut aussi déposer plainte. La police affirme vouloir se battre aujourd’hui contre l’impunité. Pour preuve, le propriétaire d’un vélo volé en septembre dernier, vient tout juste de le récupérer. Il n’y croyait plus. Comme quoi il ne faut jamais désespérer.

Plus largement, la Région bruxelloise est en train de mettre en place un vaste plan pour lutter contre ce vol de vélos. Il est notamment question d’utiliser des vélos appât, un accord serait sur le point d’aboutir avec la justice. Il est aussi question de mettre davantage de parkings sécurisés à disposition des cyclistes pour un moindre coût (30 euros par an).

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