Vivre avec le bruit du béton à Familleureux… "On se sent abandonnés"

Un camion sort de l’entreprise dans un bruit de moteur fracassant. Un fond de liquide douteux s’écoule par le tuyau de chargement enroulé à l’arrière. Presque sur les pieds de Julien. Il est le premier voisin de l’entreprise Roosens Béton. Aujourd’hui, Julien construit un mur en béton le long de son jardin. "Et je précise que le béton ne vient pas de chez mon voisin. Les camionneurs qui sortent de l’entreprise jettent leurs crasses par la fenêtre ici et elles atterrissent dans mon jardin." En refaisant un trottoir neuf, Julien espère que les camionneurs seront plus soigneux des environs. Des camions comme celui qui vient de sortir, il y en aura 200 autres sur la journée. Un trafic qui génère pas mal de nuisances dans le quartier.

"À l’intérieur, on entend évidemment les camions qui passent. Mais surtout, la maison tremble et je dois refaire des joints de façade régulièrement." Et le ballet commence tôt "6h-22h et un samedi sur deux aussi. Et là on oublie la grasse matinée. En fait ce sont les nuisances liées à toute exploitation mais elle n’a pas sa place ici, près des maisons." 12.000 m2 supplémentaires d’espace de stockage et de parking vont apparaître prochainement. L’entreprise va étendre son activité. Du béton et des blocs béton qui vont et viennent toute la journée. Qui dit plus d’activité, dit plus de nuisances. Ce qui inquiète les riverains.

Fabrice habite la maison d’à côté. "C’est aussi la vibreuse qui est envahissante. Avec la soufflerie, c’est un bruit continu toute la journée." Le futur parking s’étendra jusqu’à l’arrière de son jardin. "Et il paraît qu’ils ont aussi acheté le terrain de l’autre côté de la rue. Je suis cerné." Fabrice regrette amèrement d’avoir acheté sa maison. Il sait qu’il perdra beaucoup d’argent s’il veut revendre. C’est d’ailleurs le sentiment d’impuissance qui domine. "Réagir ? Aucune idée de comment régir ? Se plaindre. Il faudrait qu’un ministre se réveille. Mais je n’y crois pas. Un gros sentiment d’impuissance et d’injustice pour ces victimes du développement industriel.

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