Vives critiques sur la mobilité autour du piétonnier de Bruxelles

Le réaménagement des boulevards du centre de Bruxelles en débat devant la commission de concertation
Le réaménagement des boulevards du centre de Bruxelles en débat devant la commission de concertation - © Tous droits réservés

Hier mardi, plusieurs dizaines de riverains et commerçants du centre de Bruxelles ont participé à la deuxième commission de concertation consacrée au réaménagement du piétonnier. Cette étape, préalable à la délivrance du permis d'urbanisme, leur a permis de faire entendre leurs doléances dans ce dossier mené au pas de charge par la ville de Bruxelles depuis deux ans. En 2015, lors d'une première commission de concertation, ces riverains avaient déjà eu l'occasion de dénoncer les "dégâts collatéraux" de la mise en œuvre du piétonnier. Ce mardi, ils ont répété leurs critiques devant cette nouvelle commission, présidée par l'échevin de l'urbanisme, Geoffroy Coomans.

Que reprochent les riverains et commerçants ?

Le nouveau projet d'aménagement, en lui-même, suscite peu de réactions. Le choix des réverbères, le revêtement du sol, les essences d'arbres, les jets d'eau, tout cela semble plutôt accessoire aux yeux des participants. Ceux-ci fustigent par contre l'impact du piétonnier sur la mobilité dans les rues avoisinantes. "Depuis près de deux ans, j'ai l'impression de vivre dans un pot d'échappement", ironise Isabelle Marchal, de la plateforme Pentagone. "On nous avait dit qu'on allait réduire le transit dans le centre ville, ce n'est malheureusement pas le cas. Dans la rue des Alexiens, nous avons plus de 600 véhicules par heure de pointe avant le piétonnier, c'était plutôt 500", nous assure cet autre habitant, par ailleurs enthousiaste sur la rénovation prévue de l'espace public. Et les reproches sur le plan de circulation mis en place par la ville, sont d'autant plus vifs que la réunion de concertation de ce mardi ne portait officiellement que sur le réaménagement des boulevards. En principe pas question donc d'aborder les questions de mobilité, précise d'emblée le président de la commission."J'ai participé à toutes les réunions organisées sur le piétonnier, et à chaque fois, on m'a répété que la mobilité n'était pas à l'ordre du jour", peste cette riveraine, "pourtant les deux sujets sont liés, la mise en piétonnier des boulevards a bien provoqué une augmentation des voitures dans ma rue",

Que va-t-il se passer maintenant?

Après ces quatre heures de réunion, la commission de concertation remettra un avis. Celui-ci peut (sans certitude) tenir compte des critiques formulées par les habitants. La remise de cet avis constitue une étape obligatoire dans la procédure d'octroi du nouveau permis de bâtir. Dans la salle, hier, certains n'hésitaient pas à brandir la menace d'un nouveau recours contre ce permis, si les doléances des riverains n'étaient pas suffisamment prises en compte. Ce qui aurait pour effet de retarder le début des travaux de réaménagement des boulevards.

A quoi servent ces commissions de concertation ?

L'avis qui sera rendu par cette commission n'est que consultatif. Dès lors, certains participants se demandaient, hier, si leur mobilisation avait un sens.
Mohamed Benzaouia, chargé de mission chez Inter-environnement Bruxelles et habitué de ces commissions, y voit néanmoins, ce qu'il appelle : un "laboratoire de démocratie participative". Un lieu d'apprentissage pour les citoyens. Comment débattre collectivement? Comment, finalement, faire avancer un projet de ville?

Au delà des retards dans l'avancement des travaux ou de la frustration de ne pas voir ses doléances prises en compte, chacun aura donc rencontré l'autre et participé à l'instauration d'un dialogue. Des notions qu'il aurait sans doute fallu mettre en œuvre, avant le lancement du projet!

Les explications de Véronique Fiévet

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