Virginal Paper: perfusion wallonne et scandinave pour doper une relance fragile

L'énorme machine de production de Virginal Paper a été réactivée en août 2018.
L'énorme machine de production de Virginal Paper a été réactivée en août 2018. - © RTBF

Le papetier Virginal Paper, à Ittre, reçoit un nouveau soutien financier.
La Sogepa, le bras financier de la Région wallonne, apporte 2 millions 250.000 euros, une aide sous forme de prêt subordonné. Le partenaire privé scandinave, lui, mettra 500.000 euros de plus... un partenaire qui fait d'ailleurs le point sur la situation ce lundi, en conseil d'administration.  

Au total, c'est donc 5 millions d'euros qui sont injectés sur le site. Une somme nécessaire en raison du redémarrage plus difficile que prévu, chez Virginal Paper (ex IdemPapers). 

Redémarrage délicat

"La reprise du site a été plus difficile que prévu", avoue Pierre-Yves Jeholet, ministre wallon de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi. "Plus d'un an après la faillite d'IdemPapers, l'usine a connu quelques difficultés techniques lors de la réactivation de l'outil. Quelques problèmes liés aux procédures de recrutement aussi. Des problèmes inhérents à une situation de reprise. Conséquences: un retard dans l'exécution du plan et des pertes financières. Mais aujourd'hui, les problèmes sont réglés. Le carnet de commandes pour 2019 se remplit bien. Et nous sommes optimistes pour la suite. D'autant que le groupe norvégien s'est consolidé avec le rachat de l'entreprise allemande Zanders, un autre producteur de papier."

Syndicats mitigés  
Côté syndical, l'enthousiasme est plus prudent. "On se réjouit de l'aide financière de la Sogepa et de celle du groupe scandinave", explique Manu Fernandez, secrétaire régional CSC. "Mais on reste très vigilants! Car nous souhaitons des garanties pour parer à d'éventuelles difficultés futures. En cas de problèmes, qui nous dit que l'argent public de la Sogepa sera récupéré? Avec les groupes internationaux, il faut être prudent".   

Au niveau social, les syndicats s'interrogent aussi sur la pérennité de l'activité et sur les conditions de travail. "Les conditions de travail ne sont plus les mêmes. La méthode non plus. Nous attendons toujours de plus amples informations sur les conditions de travail, que ce soit sur le plan des salaires, des horaires ou de la sécurité".

De source syndicale, le site compterait moins de 70 personnes. C'est moins que les 80 espérés pour fin 2018. Quelques travailleurs auraient même déjà quitté le navire. La crainte d'un scénario à la NLMK Clabecq est réelle. Mais aujourd'hui, l'heure est plutôt à l'espoir. Celui de voir le redémarrage du site passer à la vitesse supérieure.  

Les syndicats devraient rencontrer le ministre Jeholet et les représentants de la Sogepa sur le site de Virginal, le 6 février prochain, pour faire le point.

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