Violences sexuelles en RDC: assistance psychologique liégeoise

Violences sexuelles en RDC: assistance psychologique liégeoise
Violences sexuelles en RDC: assistance psychologique liégeoise - © DR

Dans son dernier film: "L'Homme qui répare les femmes", le cinéaste belge Thierry Michel rend hommage au Dr Denis Mukwege, ce gynécologue qui vient en aide à ces milliers de femmes violées depuis plus de dix ans dans les conflits en RDC. L'occasion de rappeler la collaboration de professionnels belges de la santé qui se rendent là-bas pour apporter leur aide. C'est le cas de deux psychologues du CHU de Liège.

En juillet dernier, à la demande du Dr Mukwege, deux psychologues du CHU de Liège, Mireille Monville et Céline Wertz, se sont rendues au sud Kivu pour apporter leur aide spécifique en matière d'accompagnement psychologique. A l'hôpital de Panzi, le gynécologue congolais a mis sur pied un centre de soin spécialement destiné à ces nombreuses victimes de mutilations sexuelles lourdes qui arrivent en très grand nombre, comme l'explique Céline Wertz: "Chaque mois, l'hôpital accueille environ deux-cents femmes. Le plus souvent elles arrivent seules car malheureusement elles sont rejetées par leur communauté, leur  famille, leur mari même. Souvent, ce sont ausi les équipes médicales de Panzi qui se déplacent dans les villages pour aller chercher ces victimes, abandonnées pour certaines, au bord de la route".

Les deux psychologues liégeoises ont bien-sûr été préparées pour cette mission mais l'est-on jamais assez pour affronter pareille situation?  Non, et heureusement, nous dit Mireille Monville: " Même si notre spécialité clinique c'est précisémment le traumatisme, personne et tant-mieux ai-je envie de dire, n'est prêt à faire face à une telle tragédie. C'est bien et normal d'être d'abord choqué, sidéré, pour après se mettre à réfléchir ensemble, avec les professionnels sur place, à la meilleure façon d'accompagner ces personnes".

Dans le chaos général, l'hôpital de Panzi représente un véritable hâvre de paix, nous explique encore Mireille Monville, une sorte de forteresse à laquelle les agresseurs, qui semblent pourtant n'avoir plus aucune limite, ne s'attaquent pas. "Lorsque les femmes passent la porte de l'hôpital, elles se retrouvent dans un endroit sécurisé-ce qui est fondamental pour elles- où la reconstruction va pouvoir commencer. C'est une des grandes réussites du Dr Mukwege qui a su établir dans cet hôpital, à la fois la sécurité mais aussi la reconnaissance de ce qu'ont subi ces personnes, qui est de l'ordre de la barbarie. Maintenant, le personnel, trop peu nombreux, est parfois découragé par l'empleur de la situation, le nombre de victimes. Le phénomène devient transgénérationnel. Souvent, toutes les femmes d'une même famille sont touchées par ces viols et ces mutilations. Les victimes sont donc aussi souvent très jeunes. Le viol est une arme de guerre terrible  qui détruit non seulement les femmes mais fait aussi éclater les liens communautaires."

Témoins de terribles souffrances, Mireille Monville et Céline Wertz sont néanmoins revenues du sud Kivu avec beaucoup d'énergie positive.

"On savait qu'en repartant, cette collaboration allait s'inscrire dans le temps. Nous avons gardé un contact régulier,à distance, avec l'équipe médicale de Panzi.

Pouvoir agir, si peu que ce soit, contre la barbarie, est quelque chose d'important dans notre parcours."

Bénédicte Alié

 

 

 

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