Vingt ans du génocide au Rwanda: des coopérants montois parmi les victimes

les trois coopérants assassinés il y a 20 ans
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les trois coopérants assassinés il y a 20 ans - © Charlotte Legrand

Ils étaient partis construire une école dans le nord du Rwanda. Olivier Dulieu, Christine André et Antoine Godfriaux ne reviendront jamais de leur mission humanitaire. Ils ont perdu la vie le 7 avril 1994. L’ONG montoise pour laquelle travaillaient les trois victimes se souvient.

Cela s’est passé il y a vingt ans, mais Marcel Colart s’en souvient comme si c’était hier. La sonnerie du téléphone, un dimanche soir, le 7 avril 1994. Au bout du fil, ce sont les Affaires Etrangères. De but en blanc, son interlocuteur lui apprend la mort d’Olivier Dulieu, de Christine André et d’Antoine Godfriaux.

Les trois jeunes ont été abattus, à Rambura, le village où ils travaillaient comme coopérants. Marcel Colart est à l’époque déjà président de l’asbl Nord-Sud Coopération. C’est lui qui prévient les familles des victimes. «Ils étaient jeunes. Olivier Dulieu venait de terminer Saint-Luc (ndlr : école secondaire de Mons), avant de suivre une formation pour encadrer des étudiants là-bas. Il avait monté la section électricité. Antoine Godfriaux avait un peu plus d’expérience, il avait déjà travaillé au Niger. Il était parti pour s’occuper de la formation d’ouvriers du bâtiment. Christine était l’épouse d’Antoine ».

Toujours l’incompréhension

Au Rwanda, l’ONG développait trois projets. Il s’agissait chaque fois de mettre sur pied des écoles ou des halls permettant de dispenser des formations aux jeunes Rwandais.

«A Rambura, les coopérants étaient bien intégrés. Ils étaient sympathiques, ils faisaient du bon travail, je ne vois vraiment pas qui aurait pu leur en vouloir ». Pourquoi les coopérants ont-ils été abattus ? «On n’a jamais vraiment eu de certitude », poursuit Marcel Colart. «A priori, c’est parce qu’ils étaient là au mauvais endroit au mauvais moment. Rambura est le village, la colline du président Habyarimana. Il s’est fait assassiner le 6 avril. Sans doute est-ce l’endroit du Rwanda où la colère populaire était la plus forte, et qu’il y avait un sentiment anti-belge ». L’assassinat des trois coopérants Montois a pesé très lourdement sur le travail de l’ONG.

Nord-Sud Coopération n’a pas réellement survécu à la tragédie : le cœur n’y était plus, ni la motivation pour mener à bien d’autres projets. Les projets entamés furent malgré tout terminés, en Afrique, au Vietnam, en Equateur. L’asbl continue de récolter des fonds pour soutenir quelques petits projets au Togo, mais ne fonctionne plus qu’avec des bénévoles.

Charlotte Legrand

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