Vilvorde : le bourgmestre ne veut pas que le prédicateur Jean-Louis Denis suive des cours dans sa commune

Jean-Louis Denis, en 2015
Jean-Louis Denis, en 2015 - © JASPER JACOBS - BELGA

Le bourgmestre de Vilvorde Hans Bonte (sp.a) refuse que Jean-Louis Denis, qui a purgé une peine de cinq ans de prison pour avoir recruté de jeunes combattants de l'Etat islamique pour la Syrie, suive des cours de langue dans cette commune où il avait précisément procédé à la démarche qui lui a valu de passer quelques années derrière les barreaux.

Jean-Louis Denis avait été poursuivi pour avoir recruté plusieurs jeunes gens en les incitant, en 2013, à aller se battre en Syrie aux côtés de groupes qualifiés de terroristes. Le tribunal correctionnel de Bruxelles l'avait condamné à dix ans de prison. En appel, en novembre 2016, sa peine avait été ramenée à cinq ans de prison ferme, l'intéressé n'ayant plus été considéré comme le dirigeant mais plutôt comme un membre d'une filière terroriste.

"M. Denis a été envoyé dans un centre d'éducation de base de Vilvorde parce que le VDAB (ndlr: le pendant flamand du FOREM et d'Actiris) a constaté lors d'un contact avec l'intéressé qu'il ne connaissait pas le néerlandais. Ce centre est situé près de l'école où Jean-Louis Denis a recruté des jeunes gens pour les envoyer au combat en Syrie et certains sont entre-temps décédés. Cela a provoqué une vive inquiétude et choqué au sein des familles concernées de la commune et dans leur entourage", a expliqué vendredi M. Bonte.

D'après le bourgmestre, la cellule locale de sécurité intégrale de la commune est d'avis qu'il n'est pas possible que Jean-Louis Denis suive ces cours de langue à Vilvorde.

"Je m'interroge d'ailleurs sérieusement sur la gestion de ce cas par le VDAB. Dans certaines déclarations, je lis que celui-ci n'est pas du tout intéressé par ces cours de néerlandais. Il peut en outre aussi bien suivre ses cours depuis son domicile à Londerzeel", a ajouté le bourgmestre.

Jean-Louis Denis avait indiqué dès sa sortie de prison que son séjour derrière les barreaux n'avait pas entamé ses convictions religieuses.

Pour Hans Bonte, le cas de Jean-Louis Denis démontre qu'il est grand temps que le gouvernement ou le parlement concrétise la recommandation de la commission d'enquête parlementaire sur le terrorisme visant à donner au juge la possibilité de décréter, au-delà d'une condamnation pour de tels faits, une mise à la disposition du gouvernement, par analogie à la possibilité qui lui est offerte de le faire dans les dossiers de pédophilie.

La mise à disposition du gouvernement implique aussi que le tribunal d'application des peines peut imposer des conditions au condamné, à l'expiration de sa peine, comme une interdiction de se rendre à certains endroits, a rappelé M. Bonte.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK