Villers-la-Ville : pas de taxe sur l'éolien mais une convention public privé pour des projets verts locaux

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illustration - © Eneco

Le conseil communal de Villers-la-Ville s’est récemment penché sur une convention de collaboration avec le producteur d’énergie verte ENECO.

Alors que certaines communes taxent l’éolien, la commune demandera à l’exploitant des 10 éoliennes situées sur son territoire de financer des projets locaux. Ces projets concerneront l’environnement, la culture et le sport.

Des projets verts

Chaque éolienne rapporte 12.500 euros à la commune, soit 125.000 euros pour l’ensemble du parc. Un montant inspiré d’une recommandation ; celle qui est inscrite dans une circulaire wallonne relative à la taxe sur l’éolien. L’argent perçu par la commune servira à des projets locaux liés aux énergies renouvelables. "On n’a pas fait du tout le choix de la taxe par rapport à ces éoliennes", explique le bourgmestre Emmanuel Burton. "La convention qu’on a passée avec l’entreprise Eneco donne une destination environnementale, culturelle ou sportive aux sommes que nous allons récolter. Il est encore un peu tôt pour préciser les projets. Nous verrons ce que nous ferons de l’argent dans quelques semaines ou quelques mois. Mais il est clair qu’il y aura un volet lié aux énergies renouvelables à ces projets".

Clauses et contraintes

L’accord prévoit que l’argent devra servir à la promotion ou au développement de projets utilisant l’énergie renouvelable. "Nous sommes en contact avec la commune depuis le début du projet éolien, soit depuis 2006", commente Arnaud Janvier, responsable du développement éolien wallon pour la société Eneco. "La commune nous a proposé deux options : la taxe classique sur l’éolien. Ou une convention permettant à chaque partie de collaborer sur des projets motivants. Nous avons choisi le partenariat. Pour nous, la convention, cela ne signifie pas qu’on espère payer moins. On veut que l’argent serve de manière plus transparente à des projets locaux. Ce sera donc bien 12.500 euros par an et par éolienne. C’est la commune qui est à la manœuvre pour choisir les projets. Mais parmi les projets évoqués entre nous, il y a par exemple l’installation de panneaux photovoltaïques permettant aux bâtiments publics de produire leur propre énergie. C’est par exemple aussi équiper des locaux sportifs de manière à augmenter leur efficacité énergétique. Il y a des tas de possibilités. Mais dans le cadre de la convention ! Tout cela s’inscrit dans notre volonté de soutenir la transition énergétique. Et de faire comprendre aux riverains qu’il faut produire de l’énergie renouvelable".

Zones d’ombre

Pour la conseillère d’opposition Nadia El Abassi, la convention manque toutefois de clarté et soulève des questions. "Si le principe de promotion des énergies renouvelables est louable, la convention est trop floue. Le texte peut prêter à confusion. Car lorsqu'on dit qu'on va financer des projets culturels, par exemple, c’est très vague. Le texte aurait dû préciser que l’argent servira surtout au volet énergétique d'un projet culturel ou autre. J’ai entendu que des citoyens s’étaient imaginé qu’on pourrait créer une nouvelle crèche. Le risque de confusion est réel. Par ailleurs, je m’interroge aussi sur une clause interdisant à la commune de faire de la publicité, sous quelque forme que ce soit, pour une marque concurrente à celle de la Société. Cela veut donc dire que la commune est liée à Eneco", souligne la conseillère d’opposition. De son côté, le bourgmestre nous a déclaré que "la convention ne prévoyait pas ce genre de chose".

Un dossier éolien qui risque de faire à nouveau débat.