Villers-la-Ville : les arcades de l’abbaye sont terminées

Le chantier de reconstruction de l’ancienne pharmacie de l’abbaye de Villers-la-Ville est terminé. On s’en souvient : en 2013 et 2018 des camions avaient percuté les arcades du bâtiment, provoquant son effondrement. Les pierres avaient alors été minutieusement récoltées, inventoriées et nettoyées.

Puis, en février 2020, la reconstruction des arcades avait débuté sous la supervision de l’Agence Wallonne du Patrimoine (l’AWAP). Un chantier sous forme de puzzle, qui a nécessité l’appel à des artisans très pointus, et a finalement coûté un peu plus d’un million d’euros.

Retour au 18e siècle

On le sait, l’AWAP et l’architecte en charge de la reconstruction ont opté pour un changement de style, en redonnant au bâtiment le visage qu’il avait au 18e siècle, avec un enduit à la chaux. "C’est un choix pédagogique", explique l’architecte, Romuald Casier. "Le 18e siècle, c’est son époque et son style. L’abbaye a en fait connu deux grands temps : 12e siècle et 18e siècle. Les visiteurs connaissent peu l’aspect 18e siècle, et nous avions ici l’occasion de combler une lacune."

On aurait cependant tort de croire que le bâtiment a retrouvé l’allure exacte qu’il avait il y a 3 siècles, du temps où les arcades étaient surmontées par une pharmacie. "On peut imaginer qu’à l'époque, il y avait toute une série d’équipements : des châssis dans les fenêtres, des portes dans les arcades. On sait également qu’il y avait un plancher, et un toit qui surmontait la pharmacie. Ici, on peut donc parler d’un compromis entre des éléments qu’on s’est permis de restituer, tout en gardant une vision ruiniforme, qu’on peut s’attendre à retrouver à l’abbaye de Villers-La-Ville."

Blason redoré

Au milieu de la façade, le blason de l’abbé Léonard Pirmez a par ailleurs été reconstruit à l’identique, car l’original était trop endommagé et risquait de tomber avec les vibrations dues au passage des véhicules. Juste en dessous, une date (1784) et une devise ("Fideliter et Suaviter", Fidélité et Clémence) en lettres d’or, ce qui constitue un autre retour aux sources. "En restaurant le blason original, on s’est rendu compte qu’il était muni d’un lettrage et d’une date, lesquels devenaient invisibles une fois remis en hauteur. Cela laisse dubitatif : pourquoi mettre une devise invisible depuis le sol ?" En observant un lettrage préservé sur le site et en faisant différent essais, l’équipe du chantier a finalement opté pour un lettrage en feuille d’or.

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Le blason de l’abbé Pirmez a été reconstruit, et son lettrage mis en évidence. © Louis Matagne

Portiques de sécurité

Enfin, les arcades ont également été sécurisées. D’une part, les faces intérieures de l’édifice ont été renforcées pour désolidariser l’étage du rez-de-chaussée. "Du coup, si un accident devait de nouveau avoir lieu, on ne devrait plus connaître d’effondrement complet de l’édifice", explique Romuald Casier. D’autre part, le SPW Mobilité a installé des portiques sur le N275, de part et d’autre du site, pour empêcher les camions de plus de 3m50 de passer par les arcades. Le SPW mobilité dit avoir placé ces portiques de sorte que les camions puissent facilement faire demi-tour et repartir. Ils sont par ailleurs dotés d’une poutre mobile au sommet, remplaçable si un camion arrive trop vite. Chaque portique a coûté 5000€, mais le SPW annonce déjà qu’il va recevoir 650.000€ supplémentaires pour aller plus loin dans la sécurisation du site. D’ici 2023 la chaussée devrait être abaissée de 40 cm sous les arcades et des trottoirs construits pour le confort des piétons.

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Le SPW mobilité a placé deux portiques sur la nationale. Objectif : empêcher les camions les plus imposants de passer par les arcades. © Louis Matagne
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