Village solidaire à Charleroi : une affluence qui inquiète !

Ce dimanche, plusieurs associations qui viennent en aide aux plus démunis à Charleroi organisaient un village solidaire. 6 tonnelles étaient installées devant le Centre d’Action Laïque de Charleroi qui coordonnait cette opération. Dès 10h et l’ouverture des stands, une longue file formée par des centaines de famille s’étendait de la rue de France jusqu’à la rue de la Montagne.

"Toutes ces familles viennent ici pour recevoir de la nourriture, des vêtements, des kits sanitaires mais aussi des jouets, explique Geneviève Briclet, organisatrice de ce village pour le Centre d’Action Laïque de Charleroi. On trouve dans la file des gens qui ont perdu leur emploi ou sont en chômage économique et qui ne savent donc plus boucler leur budget. Mais il y a aussi beaucoup de jeunes qui ont perdu leur job étudiant."

"En distribuant nos repas chauds ce dimanche, mais aussi les autres jours via notre asbl, on constate qu’on a de plus en plus de nouveaux bénéficiaires, confirme Isabelle Delsaut de l’asbl "La faim du mois". Un nouveau public qui a sombré dans la précarité à cause du coronavirus. Des profils qui ne poussaient pas la porte de nos associations, de l’aide. J’ai par exemple une maman de 3 enfants qui travaille mais moins maintenant et qui m’a confié tout à l’heure qu’elle n’avait mangé que de la soupe pendant 2 semaines. C’est intolérable !"

 

Dans la file, de nombreuses familles attendent leur tour : il y a les repas, les cougnous, les bonbons et les jouets pour les enfants. Des vêtements aussi et puis du réconfort. C’est tout cela qu’est venue chercher cette maman : "Je ne m’en sors plus et heureusement que toutes ces associations sont là. Sans elles, je ne pourrais plus assurer l’essentiel pour mes 2 enfants que j’élève seule. Avant la crise du coronavirus, je m’en sortais grâce à des petits boulots en noir que je faisais pour des personnes âgées. J’ai évidemment perdu tous ces petits boulots et c’est très très dur."

Après une heure d’ouverture, la file ne se réduit pas. Preuve, s’il en fallait encore une, que la situation sociale de nombreuses familles se dégrade. "C’est paradoxal de le dire en fait mais c’est triste de voir que notre village a du succès, commente Hicham Imane de l’asbl "La faim du mois". Ça montre que la situation est grave et s’aggrave. Toutes ces familles ont le courage de venir vers nous, de sortir de l’anonymat parce que sans cette aide, elles ne s’en sortent plus. La crise sanitaire a aggravé la trésorerie des familles, les petits plus comme les jouets mais surtout l’essentiel comme la nourriture et les vêtements sont devenus difficile à assumer."

 

Solidarité: Boîtes à chaussures bien garnies (JT du 10/12/2020)

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