Verviers : vu le confinement, Thomas Sabbadini célèbre une messe dominicale chaque semaine sur YouTube

L'eucharistie de la messe en direct de ce dimanche
L'eucharistie de la messe en direct de ce dimanche - © RTBF - Martial Giot

Une messe en direct sur YouTube, c’est ce que propose tous les dimanches à 15 heures depuis le début du confinement le vicaire d’une paroisse de Verviers, l’unité pastorale Notre-Dame du Magnificat à Heusy.

Thomas Sabbadini a 31 ans. Il a été ordonné prêtre en 2015. Pour continuer à célébrer la messe, pas seul dans son coin, mais pour ses paroissiens, et d’autres, il a donc opté pour internet. Il s’est lancé le 15 mars et, vu le bon accueil reçu (100 à 120 connexions à chaque direct), il continue.

Echanger et interagir

"L’avantage du live sur internet, c’est qu’on a l’espace des commentaires. On peut réagir aux commentaires des gens et ça permet vraiment de pouvoir échanger.", observe notamment ce prêtre 2.0 lorsque nous le rencontrons ce dimanche à l’occasion de sa messe hebdomadaire en direct sur YouTube. Avant la célébration, il peut même saluer individuellement tous ceux qui ont signalé qu’ils étaient présents.

"Les échos que j’ai sont tous très positifs parce qu’on est un peu tous en manque de relations sociales. J’ai plein de gens qui me disent : "Oh, c’est chouette, on se sent être en communion les uns avec les autres, on a l’impression qu’on interagit, et on interagit vraiment."., explique Thomas Sabbadini.

Ce qui lui manque le plus ? "Je dirais quand même la messe avec les gens. Ce qu’on vit, ce que je fais, permet de garder un certain contact, mais ce n’est pas exactement la même chose."

Le matériel et la technique

Le jeune vicaire avait du matériel et des connaissances que n’ont évidemment pas tous les prêtres. "Effectivement, cela ne fait pas partie de la formation de base de gérer le montage vidéo et le live internet.", reconnait-il.

Thomas Sabbadini nous a confié s’être plus inspiré des gamers que des messes télévisées : "Faire un stream sur YouTube ou sur Facebook, c’est essayer d’avoir une interaction etc., les messes à la télé c’est un autre média donc c’est un autre fonctionnement. J’ai quand même passé pas mal de temps à regarder des vidéastes sur Twitch ou autres, qui jouent aux jeux vidéo et en parlent. Toutes les possibilités qui sont offertes, eux vont les exploiter, parfois adroitement, parfois maladroitement. Voir les autres faire des erreurs c’est apprendre aussi, en se disant "tiens ça, ça ne fonctionne pas", ou en voir d’autres faire des choses très bien, voir comment ils cadrent etc., c’est quelque chose d’important et avec ça, oui, j’ai appris énormément."

Répondre aux questions

Etre prêtre, cela ne se limite pas aux célébrations, quelles sont les autres tâches que le jeune vicaire peut encore effectuer ? "Déjà, l’accompagnement des funérailles, même si, dans le contexte actuel, c’est très différent. Puis surtout, répondre au téléphone. Il y a beaucoup de gens qui téléphonent ou qui envoient des messages, qui demandent un petit peu d’accompagnement, qui ont envie parfois simplement de parler ou bien qui se posent des questions sur Dieu dans les circonstances actuelles, et je comprends… "

Lorsque nous lui demandons s’il s’est dit que s’il ne maintenait pas un contact avec ses paroissiens, ils pourraient se détourner de l’Eglise, Thomas Sabbadini répond : "Pas du tout, parce que je sais bien qu’il y a déjà énormément d’outils, des messes TV, même sur internet plein de prières, plein d’initiatives, pour que les gens prient. Je pense que c’est important d’avoir toute une série de propositions pour que chacun puisse aller là où il a envie d’aller et qu’il trouve quelque chose qui le touche, tout simplement. Entre guillemets, on n’a pas de marché qu’on essaie d’avoir."

 

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