Verra-t-on des livres clandestins pour francophones ?

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C'est en 2002 que la Région flamande impose son décret bibliothèque en communes à facilités. Le deal ? Des subsides contre un quota linguistique à respecter : 75% de livres néerlandophones contre 25% d'ouvrages de langues différentes, dont le français.

Sur les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise, seule Wemmel a accepté ces conditions. Si, officiellement, elle respecte le quota, il en est tout autrement dans la réalité. La bibliothèque communale a mis en place une certaine "clandestinité" des livres francophones en les dissimulant dans sa remise.

Attention, secret de polichinelle : la bibliothèque communale de Wemmel ne respecte pas le quota imposé par la Région flamande avec son décret bibliothèque, soit 75% de livres de langue en langue néerlandaise et 25% de livres dits "autres", en anglais, allemand, espagnol et... en français. Comment le pourrait-elle avec une population qui atteint 70% de francophones contre 30% de Flamands ?

Voici huit ans que le personnel se débrouille comme il peut pour contenter une clientèle majoritairement francophone. "Nous respectons ce quota en vitrine", nous confie-t-on à Wemmel. "Les livres francophones en surplus sont rangés dans les remises, ils sont invisibles par le public. L'objectif : donner l'impression de respecter le quota. Quand un de nos abonnés demandent un livre tout juste édité en français, officiellement nous ne l'avons pas. Officieusement, nous l'avons commandé. Il se trouve déjà dans nos stocks."

C'est un véritable réseau clandestin qui s'est donc instauré à Wemmel ces dernières années. Mais à la commune, on commence à en avoir assez de cette situation. "Nous souhaitons nous passer de ces subsides pour ne plus dépendre de la Région flamande et nous libérer de ces quotas", expliquent l'échevin des Finances Bernard Carpriau (MR) et le conseiller communal Didier Noltincx (MR). La bibliothèque communale wemmeloise pourrait donc se passer de l'argent flamand et ne vivre que des subsides communaux et du travail bénévole.

A Linkebeek, Wezembeek-Oppem, Crainhem et Rhode-Saint-Genèse, les bibliothèques communales respectent, certes, ce quota qualifié d'"inacceptable" par les élus FDF locaux. Mais parallèlement, elles possèdent aussi leurs bibliothèques indépendantes dont les ouvrages correspondent, proportionnellement parlant, à la réalité linguistique de la population. Si, à Drogenbos, il n'existe plus de bibliothèque, à Crainhem, à titre d'exemple, on atteint les 1300 membres pour 40 bénévoles. Un succès qui réjouit l'échevin de la Culture Olivier Joris (cdH) qui admet même ne plus avoir assez de place pour contenir les 30 000 livres que compte l'ASBL.

Lucie Cruysmans

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