Vélo à Mons : une visite de terrain pour identifier les points noirs

Rouler à Mons... pas toujours évident, même pour les cyclistes confirmés
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Rouler à Mons... pas toujours évident, même pour les cyclistes confirmés - © B. Strebelle

Enfourcher son vélo pour faire de petits trajets pour aller à l’école, au travail ou faire ses courses, c’est une des solutions idéales pour résoudre les problèmes de mobilité en ville. Mais encore faut-il que les infrastructures soient adaptées à la circulation des cyclistes. A Mons, une commission "Vélo" se réunit plusieurs fois par an pour en discuter. Elle regroupe des représentants de la Ville, dont l’échevin de la Mobilité, de la police locale et de l’antenne montoise du GRACQ, le Groupe de recherche et d’action des Cyclistes quotidiens. Cette semaine, ses représentants ont emmené les membres de la commission pour une visite de terrain, à vélo. "De la même manière qu’en voiture, vous vous rendez compte qu’il y a des bouchons quand vous êtes dedans, à vélo vous réalisez qu’il y a des difficultés sur le terrain lorsque vous y êtes confrontés", explique Laurent Docquier, l’un des responsables du GRACQ montois.

Je n’y enverrais pas quelqu’un de peu habitué à rouler 

Pascal Lafosse, l’échevin montois de la Mobilité (PS), reconnaît lui-même enfourcher rarement son vélo dans Mons: "C’est vrai qu’en vacances, je fais beaucoup de vélo, mais en allant ici sur le terrain, je me rends compte du manque d’aménagements pour les cyclistes". Le parcours concocté par le GRACQ a emmené le petit groupe de la Grand-Place au boulevard Churchill. "On peut y améliorer la circulation, à condition d’aménager autrement les places de parking. Cela libérerait de la place pour un aménagement sur un axe important entre la gare, le campus universitaire et même l’hôpital Ambroise Paré", indique Laurent Docquier. De là, les cyclistes s’engagent vers Ghlin, sur une route qui n’est pas pourvue d’une piste cyclable: "Heureusement que nous étions en groupe et donc visibles car, dans la descente, nous n’étions pas très à l’aise par rapport aux voitures. Je n’y enverrais pas un jeune adolescent ou quelqu’un de peu habitué à rouler", poursuit-il.

Des aménagements pas forcément coûteux

Des sites propres pour les vélos, il en existe pourtant. Le groupe emprunte ainsi un tunnel aménagé entre le parking du magasin Brico Plan It de Ghlin et celui du cinéma Imagix. "C’est un aménagement très pratique, pour rejoindre les Grands-Prés sans passer par l’avenue des Bassins. On gagne un petit kilomètre et, surtout, on est en site propre". Mais l’endroit, pas éclairé, envahi par les mauvaises herbes et les déchets, ressemble à un coupe gorge, "et il débouche sur une mer de bitume, où le cycliste ne sait pas trop comment se réinsérer dans la circulation", déplore Grégory Vita, un autre responsable du GRACQ. "Dans l’autre sens, c’est pire car il est impossible de deviner comment on rejoint le tunnel!".

Les membres de l ’asbl insistent: certains aménagements ne coûtent pas une fortune. Un marquage au sol ici, des panneaux de signalisation là, ou encore des pavés à replacer ou une haie à tailler… Mais le problème ne semble pas là: "Il n’y a pas de budget propre pour les aménagements en matière de mobilité, répond Pascal Lafosse. Ces dépenses sont comptabilisées dans le budget des travaux, et donc à chaque aménagement de rue, à chaque rénovation de trottoir, la commission Vélo donne son avis. Et lorsque l’on peut, on aménage directement en fonction".

Pas la pire ville

L’échevin promet d’ailleurs du changement dès 2018 en la matière: "Nous avons eu beaucoup de remarques à propos de la mobilité sur la plateforme Demain.Mons et nous devons en tenir compte", rappelle-t-il. Le GRACQ estime d’ailleurs que Mons n’est pas la pire ville en matière de mobilité douce: "Si on la compare aux autres villes wallonnes, on peut dire qu’on avance à la même vitesse. Charleroi est un peu à la traîne, Liège a quelques aménagements intéressants mais aussi des zones où il est toujours difficile de circuler à vélo, Namur est aussi en progression". Grégory Vita applaudit d’ailleurs la passerelle récemment aménagée entre les Grands-Prés et la future gare: "Le cheminement est confortable, sans dénivelé ni bordure à monter, tout est adouci. Le genre de réalisation qu’on souhaiterait voir partout. Mais à l’inverse, prenez un jour votre vélo pour faire le trajet Maisières-Mons ! Vous allez être entourés de poids-lourds et de voitures, c’est assez infernal, même pour moi qui suis cycliste confirmé. Je ne me sens pas en sécurité à cet endroit". Le chemin est encore long avant que les cyclistes ne se sentent aussi à l’aise à Mons que dans les villes flamandes.

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