Veeweyde: un chiot adopté puis revendu trois fois son prix via Internet

Un petit berger malinois, comme celui-ci.
Un petit berger malinois, comme celui-ci. - © D. R.

Veeweyde, la Société royale protectrice des animaux (SRPA) étudie la possibilité de porter plainte. Un chiot de deux mois, adopté en janvier dans son refuge d'Anderlecht, a été revendu via Internet à 450 euros. Soit trois fois son prix! La coupable est une dame qui avait pourtant signé une déclaration sur l'honneur.

Tout démarre le 26 décembre dernier. La SRPA recueille quatre chiots de deux mois abandonnés par leur propriétaire. Après une période d'observation et un bilan de santé, les chiots sont proposés à l'adoption. Nous sommes en janvier. "Une dame est arrivée et a marqué son intérêt pour un des chiots", raconte Ludivine Nolf, la porte-parole de Veeweyde. "Comme le prévoit la procédure d'adoption, nous nous informons sur le nouveau maître de l'animal. Sera-t-il en mesure de bien s'occuper du chien? Dispose-t-il d'un jardin? Dans ce cas, il s'agit d'un berger malinois, l'une des races les plus vendues mais également les plus abandonnées. Au quotidien, cette race a besoin d'espace. Nous prenons donc toutes les précautions, au nom du bien-être animal."

Revente pourtant interdite

A première vue, le dossier d'adoption semble en ordre. L'adoptante s'acquitte des 113 euros liés à la prise en charge par Veeweyde de la stérilisation, de la pose de la puce, pour les frais administratifs... Le toutou part avec sa nouvelle maîtresse. Une issue heureuse, de prime abord.

"Mais quelques jours plus tard, une autre dame nous appelle. Elle vient d'acheter un petit berger malinois. Elle dit l'avoir acheté après une annonce sur les réseaux sociaux, auprès d'une personne qui disait elle-même l'avoir eu chez Veeweyde. Elle demande à vérifier s'il est bien pucé. C'est là que nous nous sommes rendus compte du problème", ajoute Ludivine Nolf. Montant de la vente: 450 euros, soit trois fois le prix versé pour l'adoption. "Pourtant, le contrat d'adoption stipule bien que la revente est interdite!"

Veeweyde ne compte donc pas en rester là. Elle va adresser une amende à la vendeuse. La SRPA envisage également d'introduire une plainte pour ce qui s'apparente à un vol. "Les services juridiques étudient la question. En tout cas, c'est la première fois que cela nous arrive. De toute manière, si l'information ne nous était pas parvenue, nous aurions pu découvrir par nous-mêmes que le chiot avait été revendu et n'était plus chez l'adoptante. Car après chaque adoption, nous effectuons une visite auprès du nouveau maître pour se rendre compte des conditions d'accueil de l'animal. Bien sûr, cette histoire va nous obliger à reconsidérer les termes de contrat lors des adoptions de chiots. Ceci est en cours afin d’éviter absolument ce type de dérives à l’avenir." A ce stade, impossible de savoir si la revente était lié à un trafic.

15 chiots abandonnés juste après les fêtes

Cette histoire intervient en tout cas dans un contexte d'abandons après les fêtes de fin d'année. Malgré les mises en garde des associations actives dans la cause animale, des chats, des chiens ou encore des lapins se transforment en cadeaux de Noël. "Mais on ne s'improvise pas propriétaire d'un animal", insiste Ludivine Nolf. "Du coup, nous recueillons toujours autant d'animaux après les fêtes. En Noël et la fin janvier, nous avons reçu 15 chiots. Du jamais vu! C'est un triste record."

Pourtant, Veeweyde n'en est pas à sa première campagne de sensibilisation. "Début décembre, nous avions une nouvelle fois sensibilisé le public quant à l’achat de chiots et de chatons comme cadeaux de Noël. Nous condamnons l’achat impulsif en animalerie et sur Internet où foisonnent les petites annonces d’animaux à vendre et à donner. Les trois-quarts des chiens que nous recueillons au refuge de Bruxelles proviennent de ces vendeurs, éleveurs, animaleries qui vendent sans savoir à qui, ni où, ni comment, ni pourquoi. Seul le profit les intéresse. Force est de constater qu’une nouvelle fois, nous sommes confrontés au phénomène des abandons de chiots achetés lors des fêtes de fin d’année, et progressivement déposés au refuge les jours ou les semaines qui suivent."

Parmi ces chiots abandonnés, un petit croisé de deux mois  jeté par la fenêtre d'une voiture sur le boulevard Industriel. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK