Liège: faudra-t-il interrompre les travaux de construction de la Tour des Finances?

La future tour des finances.
La future tour des finances. - © fedimmo, DR

Un recours en annulation du permis d'urbanisme avait été soumis sur le fond au Conseil d’État. Et l'auditeur du Conseil d’État vient de prendre position en faveur de l'annulation du permis délivré ... alors que les travaux sont lancés depuis plusieurs mois. Mais ce n'est qu'un avis, qui peut être suivi ou non par le Conseil.

Deux recours avaient été déposés auprès du Conseil d’État. Le premier, en urgence, signé par la SNCB-Holding et des riverains, demandait la suspension du permis d'urbanisme délivré par la Région wallonne en raison de la non-conformité de la Tour par rapport au Périmètre de Remembrement Urbain, le PRU. Le promoteur Fedimmo avait rapidement calmé les riverains par un dédommagement financier, et la SNCB-Holding avait été déboutée en octobre de l'an dernier.
Mais un second recours sur le fond, en annulation, déposé par la seule SNCB-Holding, courait toujours. Il faut savoir que la Tour, destinée aux services fédéraux des Finances, aura une hauteur de 118 mètres, prolongée d'une flèche de 18 mètres, et comptera 27 étages: une épine de taille dans le paysage du quartier, face à la nouvelle gare Calatrava, qui avoisine, elle, 40 mètres de haut.

Dans son avis rendu fin juillet, l'auditeur du Conseil d’État estime que les autorités régionales n'ont pas respecté les lignes fixées par le PRU, que l'enquête publique a été biaisée, que la Tour sera disproportionnée face à l'ensemble du quartier, et que le permis est illégal ... Cet avis sera-t-il ou non suivi par le Conseil d'Etat? Dans l'affirmative, le chantier de la tour, qui s'élève déjà à 50 mètres, pourrait bien devoir être arrêté.

Contacté, le cabinet du Ministre régional de l'Aménagement du Territoire, Philippe Henry, qui a délivré le permis contesté, fait remarquer qu'il ne s'agit que d'un avis, et qu'il faut attendre la décision du Conseil d’État. Et que le Conseil d’État suit de moins en moins souvent les avis de ses auditeurs. Quant à la députée wallonne MR Christine Defraigne, elle parle d' "un bain de sang urbanistique" et demande l'interruption des travaux, dans l'attente de l'arrêt du Conseil d’État.

 

A. Delaunois

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