Utilisation du GSM à vélo: plus de 500 verbalisations en 2018

C’est plus que l’année passée. La conséquence de ce comportement se limite généralement à des chutes. Sur le piétonnier de Bruxelles, la police mène surtout des actions de prévention.

Cela peut paraître anodin et peu dangereux, et pourtant la sanction pour l’utilisation du GSM à vélo est strictement la même que lorsque l’on roule en voiture. “Il s’agit d’une infraction du deuxième degré, et elle est punie d’une amende de 116 euros”, explique Aurélien Rouckens, inspecteur de police de la zone de Bruxelles-capitale.

Juché lui-même sur un vélo lors de son service, Aurélien Rouckens assure principalement la sécurité des usagers faibles sur le piétonnier du centre-ville, emprunté tant par des piétons que des cyclistes et autres véhicules non-motorisés. “L’utilisation du GSM à vélo est quelque chose de plus en plus répandu”, confirme-t-il. “Pas spécialement pour téléphoner, mais notamment l’utilisation de la fonction du GPS du téléphone, pour les livreurs et les privés ainsi que l’envoi de SMS et l’écoute de musique”.

Lorsque cela arrive sous ses yeux, Aurélien Rouckens privilégie la prévention, bien qu’il lui arrive aussi de dresser des procès-verbaux. “Généralement les gens ne savent pas que c’est interdit, alors on leur rappelle qu’un vélo est un véhicule, et qu’ils sont soumis au code de la route eux aussi. Il m’arrive également de les inciter à s’équiper d’un support pour le téléphone, afin de pouvoir regarder la route sans utiliser leurs mains”.

Le kit mains-libres: autorisé mais déconseillé

Autre alternative à l’utilisation manuelle du téléphone: le kit mains-libres, ou les écouteurs, qui permettent de passer un coup de fil en gardant les deux mains sur le guidon. Si le procédé est plus “safe”, il comporte cependant certains dangers, comme l’indique Benoît Godart, le porte-parole de Vias (ancien IBSR, Institut Belge pour la Sécurité Routière): “Nous le déconseillons, car il est essentiel pour un cycliste d’entendre les bruits de la circulation afin de se sentir en sécurité. Or avec ces oreillettes on est coupé du bruit, c’est donc dangereux”.

Toujours d’après Vias, l’utilisation du GSM provoque surtout des chutes. “Forcément, quand on téléphone, on lâche le guidon et on risque de tomber et de mettre en danger les piétons”, explique Benoît Godart. Et de préciser: “Au total, environ 10% des accidents sont dus au GSM et ce tant en voiture qu’à vélo”.

Une amende jugée trop sévère

Au sein des associations cyclistes, c’est également le rappel de la règle qui est de mise. “On explique à nos membres qu’ils doivent s’arrêter pour téléphoner, et que c’est dangereux de le faire en roulant”, explique Aurélie Willems, porte-parole du Gracq (Groupe de Recherche d’Action des Cyclistes Quotidiens).

Bien que cette association ne considère pas les actions de la police comme trop répressives, elle souhaiterait une adaptation de la législation concernant l’utilisation du GSM à vélo. “Actuellement, les cyclistes sont considérés comme des conducteurs, et doivent payer la même somme qu’un automobiliste en cas d’infraction”, déplore Aurélie Willems. “Nous aimerions qu’un système minoré soit créé, avec un montant d’amende adapté au degré de danger représenté par le véhicule”.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK