Une vraie vie de chien au Parlement bruxellois

Itch est un golden retriever et, s'il est autorisé à pénétrer dans l'enceinte du parlement bruxellois, c'est parce qu'il est en formation pour devenir chien d'aide. Beaucoup l'ignorent, mais les chiens destinés à assister les personnes malvoyantes ou qui se déplacent en fauteuil roulant ont accès aux lieux publics, et cela dès leurs premiers mois de formation. Les trois Régions du pays ont voté des textes pour cela depuis plusieurs années déjà. Ainsi, Carla Dejonghe témoigne : "Ici au parlement, il n'y a pas eu de problème, parce que tous mes collègues étaient au courant. Il n'y a personne qui s'est posé des questions. Le problème est plutôt d'aller faire des courses, de rentrer dans des restaurants".

Et la députée bruxelloise n'est pas au bout de ses découvertes. Pour elle, l'expérience de "formatrice de chien d'aide" a débuté il y a 15 jours à peine. Voisine de l'association Dyadis, spécialisée dans la formation de ces chiens, Carla Dejonghe avait envie d'aider à sa manière. Elle a donc décidé de se proposer comme famille d'accueil et se retrouve ainsi responsable d'Itch pendant 6 mois. Pas question de lui apprendre à aider une personne handicapée, la rôle de la députée est simplement de sociabiliser Itch, de l'emmener le plus possible avec elle et également d'utiliser des ordres précis délivrés par l'association. Tous les 15 jours, en compagnie d'autre famille d’accueil et leur chien, Carla Dejonghe doit aussi se rendre à une séance de dressage encadrée par un éducateur spécialisé.

Apprentissage en douceur

Pour l'instant, Itch a encore beaucoup de chose à apprendre. En effet, le parcours éducatif d'un chien d'aide pour personne à mobilité réduite dure environ deux ans. Dès sa naissance, le chien est sélectionné par un spécialiste. Il restera encore huit semaines dans son élevage, avant d'intégrer une première famille d’accueil avec laquelle il vivra plusieurs mois. Ensuite, le chien déménagera dans une autre famille, si possible différente de la première. Ces période de vie servent en effet à sociabiliser le chien, lui apprendre par exemple à vivre tant à la campagne qu'en ville, avec des enfants ou une personne seule, dans un milieu bruyant ou non, bref, à pouvoir appréhender n'importe quelle situation.

Vers 18 mois, place aux cours intensifs. Le chien rejoint le centre de formation de Dyadis pour apprendre tout ce qu'il doit savoir pour devenir un vrai chien d'aide. Cela peut prendre plusieurs mois mais, à la fin, il sera par exemple capable d'ouvrir une porte, de sortir un aliment du frigo, de ramasser un objet ou pousser sur un bouton. Autant d'actions qui feront de ce chien une aide précieuse pour une personne à mobilité réduite. Du moins s'il y arrive. "Au terme de la formation, 40% des chiens sont réformés. Cela veut dire que nous estimons qu'ils ne sont pas apte à remplir leur mission. Tous les chiens sont différents, et tous, ne parviennent pas à intégrer ce que nous tentons de leur apprendre", explique Danny Vancoppernolle, le secrétaire général de Dyadis.

Au cours d'une année, l'association Dyadis forme une vingtaine de chiens comme Itch. Un travail qu'elle mène à bien notamment grâce aux familles d'accueil, insiste l'association. Car ces familles ne sont pas si faciles à trouver. La perspective de devoir se séparer du chien après quelques mois peut en effet décourager certaines personnes. Mais lorsqu'on lui pose la question Carla Dejonghe n'hésite pas : "Je crois que quelques larmes vont couler, mais j'ai choisi d'éduquer un chien comme celui-ci, je le savais à l'avance et puis je crois qu'il va trouver un très très bon maître."

Aurélie Fogli

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK