Une solution temporaire trouvée pour les migrants de Herve

La commune s'est engagée à ne pas expulser les migrants avant la fin du confinement
La commune s'est engagée à ne pas expulser les migrants avant la fin du confinement - © © JEAN-LUC FLEMAL - BELGA

Une solution a finalement été trouvée ce matin, pour les migrants de Herve, en Province de Liège. En plein confinement, la commune menaçait jusqu’ici d’expulser une quinzaine de jeunes Erythréens, hébergés dans un gîte.

Interdiction de séjour dans les gîtes

Ces jeunes migrants, pour la plupart âgés d’une vingtaine d’années, ont fui l’Erythrée et sa dictature, considérée comme l’une des plus brutales du monde. Depuis près de deux ans, ils tentent de rejoindre la Grande-Bretagne, cachés dans des camions.

Depuis une semaine, ces jeunes migrants sont hébergés dans un gîte de la commune de Herve, mis à disposition par un particulier. Mais la commune les menaçait d’expulsion. Motif : en ce moment il est interdit de séjourner dans un gîte touristique.

Une association de citoyen qui vient en aide à ces migrants est montée au créneau : expulser ces jeunes c’est les mettre à la rue et donc briser leur confinement, sans solution alternative.

Pas d’expulsion avant la fin du confinement

Une réunion de concertation a eu lieu ce matin entre les autorités de la commune et une responsable de cette association. Il a finalement été convenu que les migrants pourront rester sur place jusqu’à la fin du confinement. Ils seront également invités à introduire une demande d’asile en Belgique.

" Nous nous sommes engagés à bien leur faire respecter le confinement ", précise Delphine Verstraelen, membre de la plateforme qui accompagne ces jeunes migrants et actuellement confinée avec eux. " Dès le début, nous leur avons bien signifié que s’ils quittaient leur lieu de confinement, ils ne pourraient pas y revenir et tout le monde s’y est tenu ".

Ce n’est qu’un épisode de plus de la longue épopée de ces jeunes Erythréens. Auparavant, ils étaient hébergés dans un tennis de la commune voisine de Soumagne. Mais le tennis a été vendu et le nouveau propriétaire leur a demandé de quitter les lieux, là aussi en plein confinement. " Nous les avons transférés vers le gîte en voiture, un par un. L’idéal aurait bien sûr été de ne pas les déplacer pour respecter au mieux le confinement, mais nous n’avions pas d’autre solution", raconte Delphine Verstraelen.