Une situation économique qui s’améliore mais un chômage qui risque d'augmenter: que dit le dernier baromètre conjoncturel bruxellois?

Le chômage qui risque d’augmenter d’ici à la fin de l’année malgré une reprise de l’économie, des entreprises bruxelloises plus confiantes et des ménages plus optimistes. C’est ce qui ressort du dernier baromètre conjoncturel de printemps de l’IBSA, l’institut bruxellois de statistique, réalisé en pleine pandémie de coronavirus. Ce baromètre a analysé la période comprise entre la fin 2020 et le premier trimestre 2021, marquée par les deuxième et troisième vagues et le début de la campagne de vaccination. 

Quels secteurs en profitent, quels secteurs sortent la tête de l’eau ? L’industrie manufacturière a pu retrouver, selon l’IBSA, son niveau de ventes d’avant la crise. Certains secteurs ont connu des rebonds.

Automobile, pharmaceutique…

"Le rebond du troisième trimestre a surtout été soutenu par la reprise de l’activité dans l’industrie automobile (+54,0%) et pharmaceutique (+35,8%) par rapport au trimestre précédent. Au cours du quatrième trimestre de 2020, seule la fabrication automobile a continué d’enregistrer une forte hausse de son chiffre d’affaires (+23,1% en glissement trimestriel)."

Le secteur de la construction s’est redressé, proche de ses indicateurs d’avant covid. De l’autre côté, il y a les secteurs qui souffrent : le commerce de gros, l’horeca (64% de chiffres d’affaires en moins en un an), le transport et l’entreposage (de 40 à 60% plus bas que le niveau avant-crise), le commerce de détail non alimentaire, l’événementiel, la culture, les loisirs…

"On peut dire que la situation économique s’améliore", détaille Charlotte Dewatripont, coautrice du baromètre. "Mais on ne peut pas encore dire que la crise est derrière nous. La situation a pas mal évolué cette dernière année en fonction de la situation épidémiologique, en fonction des mesures sanitaires mises en place ou assouplies. On a eu une reprise depuis l’été 2020 qui a été stoppée par la nouvelle vague de contaminations. Ensuite, au premier trimestre 2021, on a vu que les consommateurs et les entreprises bruxelloises reprenaient confiance en l’avenir grâce notamment à la campagne de vaccination."

Bruxelles dépend des touristes et des navetteurs, qui télétravaillent et donc ne consomment plus à Bruxelles. "Cela fera du bien qu’ils puissent revenir et consommer dans nos restaurants, nos cafés, nos hôtels…"

Crainte : la hausse du chômage

Le taux de chômage diminuait d’année en année en Région bruxelloise, jusqu’en 2019. Et puis est arrivée la crise du coronavirus avec ses restrictions et ses fermetures. Le chômage temporaire, le droit-passerelle ont été facilités, un moratoire sur les faillites a été déclaré, des primes ont été versées. Celui-ci "n’a augmenté" que de 2,8% en comparaison au niveau d’avant-crise. Les meubles ont-ils été sauvés ? Lors de la crise financière de 2008 et 2009, "la hausse était de 9%".

Cette fois-ci, ce sont les aides qui ont permis d’atténuer l’impact de la crise sur le marché du travail. Reste que lorsque ces mesures d’aides seront levées, le contrecoup risque de faire très mal. Les entreprises fragilisées pourraient licencier. Fin de l’année 2021, le nombre de demandeurs d’emploi risque d’augmenter entre 6 et 10% par rapport à décembre 2020 (entre 5500 et 9600 demandeurs d’emploi supplémentaires).

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