Petite révolution: la philanthropie liégeoise s'ouvre à la mixité

La mixité était jusqu’ici plutôt absente de la plupart des services-clubs (illustration).
La mixité était jusqu’ici plutôt absente de la plupart des services-clubs (illustration). - © Flickr – Niko Notibär

Si on évoque les Lion’s Club, Rotary et autre Kiwanis, on pense tout de suite à des hommes réunis autour d'une bonne table, en train de réfléchir aux dons qu'ils vont distribuer à des œuvres. Eh bien, dans quelques jours, une révolution va secouer ce petit monde de la philanthropie. Un premier Lion’s Club est occupé à se constituer, en région liégeoise. En avril, déjà, un Lion’s Club mixte s'est lancé, à Theux. Visiblement, une des dernières citadelles masculines est en train de céder.

Depuis près d'un quart de siècle, la constitution internationale des Lion’s Club a gommé le mot "masculin". Il a donc fallu 25 ans pour que la mixité s'installe en terres liégeoises. "Je pense que c’est une habitude ; c’est vrai qu’elle reste en majorité de véritables forteresses de non-mixité", déclare Cathy Heynen Ernotte (présidente du nouveau club).

En fait, il semble particulièrement compliqué d'amener un groupe d'hommes à admettre des femmes ; créer un nouveau Lion’s Club mixte, dès le départ, semble plus facile. La mixité, c'est une manière de s'ouvrir à des générations plus jeunes.

"Quand on prend les moins de 50 ans, poursuit Cathy Heynen Ernotte, ils n’ont connu qu’un enseignement mixte. Ils travaillent dans un environnement professionnel mixte, et s’épanouissent au niveau social dans un environnement mixte, qui tend vers l’égalité homme/femme. En créant notre club, la mixité s’est imposée comme une évidence. Je pense que c’est primordial pour la pérennité de tous ces services-clubs."

Et l'enjeu n'est pas mince: l'agglomération liégeoise compte une centaine de service clubs, qui récoltent des fonds, et qui distribuent, au total, des sommes non négligeables à leurs œuvres philanthropiques. La moyenne d'âge des membres a tendance à s'élever dangereusement. Qui sait ce qu'il peut subsister, dans une dizaine d'années, de ce qui constitue une sorte de secours social ? Un dépoussiérage n'est sans doute pas inutile.

Michel Gretry

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