Une plainte contre l'ordre des avocats liégeois ?

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Une virulente polémique surgit, à propos de la prison de Lantin. Plus précisément de son annexe psychiatrique. Le suicide d'un détenu suscite l'indigantion de l'ordre des avocats qui provoque à son tour la colère de l'administration pénitencière.

A la prison de Lantin, un détenu placé à l'annexe psychiatrique s'est suicidé dans la soirée du 10 mai dernier . Ce quadragénaire de Berloz avait été arrêté une semaine plus tôt. Il s'était accusé par téléphone d'être le meurtrier de sa grand-mère, morte brûlée vive dans le garage de son habitation de Corswarem voici quatre ans, une affaire pour laquelle il avait déjà été soupçonné, mais pour laquelle la justice avait conclu à un suicide.

Lors de son interpellation, l'individu s'était immédiatement rétracté.

La fragilité mentale de cet homme était connue depuis plusieurs années. En 2007, un juge de paix avait désigné pour lui un administrateur provisoire.

Conditions de détention lamentables ?

Le Barreau de Liège, à présent, s'interroge sur la prise en charge de l'intéressé. Il dénonce depuis plusieurs années les conditions d'enfermement à l'annexe psychiatrique de Lantin. Il rappelle qu'elle a été fermée, pour rénovation, en 2003. Elle a été rouverte en janvier 2007 "sans que les conditions d'encadrement médical et psychologique aient été améliorées", affirme le Bâtonnier, dans un communiqué officiel.

...ou propos indignes ?

Odieux, en dessous de tout, un des directeurs de la prison de Lantin, Francis Dejon, n'a pas de mots assez durs pour qualifier ces accusations "Le Barreau ne nous a demandé aucune explication, il ne sait pas comment l'annexe psychatrique fonctionne", tempète le directeur. Il explique que l'annexe psychiatrique a été revue en profondeur tant au niveau de son aménagement qu'au niveau de son encadrement. L'annexe accueille 40 détenus dans des cellules où ils sont seuls ou à deux. Le personnel pénitentiaire a été spécifiquement sélectionné et formé et l'encadrement extra-pénitentiaire est à la hauteur. Le directeur précise que juste avant que le détenu ne passe à l'acte, deux personnes étaient auprès de lui pour tenter de lui ôter ses idées noires. Elles se sont absentées quelques instants, le temps de la distribution d'eau chaude aux détenus, et l'homme en a profité.

Le directeur est à ce point en colère qu'il évoque la possibilité d'un dépôt de plainte contre l'ordre des avocats du Barreau de Liège.

 

(M.Gi + M.G)

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