Une pétition pour demander une réduction des loyers des commerçants en difficulté

Dans certains quartiers bruxellois majoritairement occupés par des bureaux, le télétravail occasionné par le coronavirus a un effet désastreux sur les finances de nombreux commerçants et beaucoup ont peur de faire faillite. L'un de ces quartiers touchés est celui du Cirque Royal. La clientèle locale ne représente qu’un très faible pourcentage des revenus des commerçants, qui vivent essentiellement d’une clientèle "bureau" et "spectacles". 

D'ailleurs, dans une sandwicherie proche de Madou, c'est le calme plat. Une trentaine de clients sont venus chercher à manger ce lundi midi. C'est six fois moins que d'habitude. Valentin vit dans le quartier. Il est étonné d'être servi si rapidement. "En général on fait la file. On ressent vraiment la différence."

Pour Marc Van Rossen, le gérant, c'est une catastrophe. "Je peux encore espérer tenir trois ou quatre mois comme ça. Mais après quoi ? C'est la faillite, le dépôt de bilan, le droit passerelle pendant un an puis le CPAS. C'est une vie de 25 ans en tant qu'indépendant qui part en fumée. Et c'est usant mentalement. Depuis le 17 mars, on ne sait pas où on va."

L'horeca est loin d'être le seul secteur touché par la crise dans le quartier. En temps normal, le salon esthétique de Neghar ne désemplit pas de début mars à fin août. C'est la période qui lui rapporte le plus, avec beaucoup d'épilations et de manucures, et qui lui permet de compenser les autres mois. Mais elle devra faire sans cette année. "Il est 14 heures et je ferme le salon. Je n'ai personne. Je viens juste pour un ou deux clients et ce sont des petits rendez-vous d'épilation des sourcils. Ca me rapporte dix euros par ci, dix euros par là. Je ne m'en sors pas avec ça."

Pour alléger le fardeau de ces commerçants, Marc Van Rossen va lancer une pétition réclamant une diminution de 50% du prix des loyers et, surtout, de ne pas accepter de les reporter. "Déplacer un problème n'est pas le solutionner. Et ça fera encore beaucoup plus mal par après de devoir payer trois ou quatre mois de loyer sur une année, alors qu'on ne sait pas vraiment comment va évoluer la situation sanitaire et économique."

Au-delà de son quartier, il espère voir cette mesure appliquée à l'ensemble des commerçants locataires belges qui, comme lui, sont délaissés.
 

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