Une nouvelle version du réaménagement de la friche Josaphat bientôt à l’enquête publique

Le gouvernement bruxellois a donné son feu vert ce jeudi, en première lecture à une nouvelle version du projet de Plan d’Aménagement directeur (PAD) portant sur la friche Josaphat.

Il y aura davantage d’espace vert préservé et 400 logements de moins que prévu dans la version initiale adoptée il y a deux ans par l’exécutif régional. Une nouvelle enquête publique ainsi que la consultation simultanée des instances régionales, dont la Commission régionale de Développement (CRD), sont prévues en septembre prochain. Selon le ministre-président Rudi Vervoort (PS), ce nouveau projet a été nourri par les résultats de l’enquête publique, les avis d’instances mais aussi des réflexions et des propositions alternatives citoyennes. La première enquête publique remonte à l’automne 2019. En parallèle, les communes concernées et les instances régionales à consulter avaient été invitées par le gouvernement à lui remettre un avis formel. En fin de processus, et crise sanitaire oblige, la CRD avait finalement remis son avis le 23 avril 2020. Après un examen approfondi des réclamations et des avis d’instances émis, le ministre-président Rudi Vervoort avait rapidement indiqué souhaiter tenir compte des critiques et des "craintes légitimes qui se sont exprimées dans ce dossier". À sa demande, perspective.brussels avait donc été chargé, dès juillet 2020, de travailler à une modification substantielle du projet de PAD, notamment en termes de densité, de mobilité et de préservation de la biodiversité. Les principales modifications apportées par le projet de PAD Josaphat 2021 portent sur la biodiversité, la densité et la mobilité. Le milieu de la friche ouverte, facteur essentiel de la biodiversité actuelle, est conservé sur 1,28 ha via la création d’un nouveau parc exclusivement dédié à la biodiversité qui s’intégrera au Wadipark, au Spoorpark et aux talus existants, maintenus dans le nouveau projet.

 

Un parc et du logement

Ceci permettra, au total, de disposer d’un parc d’une superficie de 5,05 ha. Les espaces verts occupent désormais 40% de la superficie du projet, soit près de 13,5 ha. L’urbanisation du site a été revue en fonction de l’augmentation de la place réservée à la nature : deux noyaux habités localisés au nord et au sud-ouest du site réunissent l’ensemble des logements, avec une baisse conséquente de la surface brute hors sol de 17%, à l’échelle du PAD, et de 19% pour la seule fonction logement. Concrètement, cela se traduit par la suppression de près de 400 logements (1.200 logements contre 1.600 logements précédemment). 323 logements sociaux et 215 logements moyens sont notamment prévus. En termes d’équipements publics : le projet de PAD permet l’implantation d’un tout nouvel équipement scolaire et sportif intégré qui sera développé par la commune de Schaerbeek. Ce complexe mutualisera la salle de sport entre l’école primaire et l’école secondaire qui seront installées sur le site de part et d’autre du chemin de fer et réunies par une passerelle publique. Sur le plan de la mobilité, la reconfiguration de l’espace moins densément bâti en deux noyaux habités au nord et au sud du site permet d’assurer une bien meilleure mobilité dans et autour du site. Par ce projet amendé, le gouvernement bruxellois affirmé réitérer son ambition de réduire au maximum l’impact de la voiture et du stationnement privé sur le site avec l’objectif de progressivement atteindre un quartier sans voiture. "J’espère que ce projet totalement remanié permettra de poursuivre avec sérénité le développement de cette zone stratégique tout en apportant des réponses fortes et des garanties solides aux demandes légitimes qui ont émané de l’enquête publique… Contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre, l’accord de ce jour démontre à nouveau l’effet utile des enquêtes publiques", a commenté le ministre-président bruxellois à l’issue de la réunion.

 

Des réactions politiques diverses

DéFI, partenaire de la majorité, s’est réjoui, par les voix des députés Marie Nagy et Sadik Köksal, "que les voix bruxelloises aient été entendues, ce qui prouve que "la démocratie participative, ça marche". Les deux élus amarantes espèrent que la prochaine enquête publique sera un "succès bruxellois". Sadik Köksal, également conseiller communal schaerbeekois, a par ailleurs souligné que "l’avis de la commune de Schaerbeek a aussi fait pencher la balance gouvernementale" Selon lui, la commune de Schaerbeek a rendu, l’an dernier, un avis négatif sur ce projet de PAD. Il n’offrait pas assez de garanties en matière de mobilité et d’alternatives à la voiture dans un quartier où la circulation est déjà très intense. Idem pour les futurs habitants. Du côté de l’opposition, le MR bruxellois s’est "réjoui d’avoir été entendu sur la nécessité de revoir le projet sur la baisse du nombre de logements (d’environ 400 unités)", il continue de s’inquiéter pour l’avenir de la diversité biologique présente sur le site. "Tous les spécialistes s’accordent pour dire que la richesse biologique de la friche est unique en Région bruxelloise, certains experts considérant que la friche est plus riche que certaines zones des hautes Fagnes. Dans ce contexte, conserver uniquement 1,28 hectare d’espaces uniquement dévolus à la préservation de la nature est une option qui risque de sérieusement porter atteinte à la conservation favorable des espèces et habitats naturels présents sur le site", a commenté le député libéral Gaëtan Van Goidsenhoven. Les libéraux ont également reproché à Ecolo, dans la majorité, de ne pas avoir obtenu gain de cause, après des déclarations contradictoires. "Alors que les co-présidents d’Ecolo étaient montés en première ligne pour réclamer la préservation de la friche, à la suite de la proposition que j’avais introduite avec plusieurs collègues du MR, il semble clair que leurs incantations n’ont pas été suivies d’effet. Le ministre-président Rudi Vervoort conserve globalement la même ligne sur le dossier, puisque la friche sera largement urbanisée et que l’option de la constitution d’une grande réserve naturelle semble définitivement écartée", a ajouté Gaëtan Van Goidsenhoven. Pour le MR, cela démontre que le PS continue d’imposer sa vision de la ville en Région bruxelloise, selon une logique "complètement dépassée par les enjeux actuels qui consiste à construire d’énormes lotissements très denses sur les derniers espaces vierges".
 

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