Une nouvelle sorte de mouche découverte à Bruxelles

Bruxelles: une nouvelle sorte de mouche découverte
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Bruxelles: une nouvelle sorte de mouche découverte - © Tous droits réservés

Dans le Jardin Botanique Jean Massart, à Bruxelles, des biologistes ont découvert une nouvelle espèce de mouche. Celle-ci a reçu le nom de Drapetis bruscellensis. L’entomologiste Patrick Grootaert, de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB),  est enthousiaste : "Ce n’est pas tous les jours que l’on découvre une nouvelle espèce pour la science en Belgique !".

Situé dans la commune d’Auderghem à la lisière de la Forêt de Soignes, le Jardin Botanique Jean Massart s’étend sur cinq hectares. En 2015, des biologistes y ont installé un piège à insectes en forme de tente. Chaque semaine, ils le vidaient et plaçaient, pour les conserver, les insectes récoltés dans de l’éthanol. Après avoir étudié intensivement les caractères morphologiques et l’ADN d’une mouche de deux millimètres tombée dans le piège au mois de juin, ils ont pu constater qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce et l’ont baptisée Drapetis bruscellensis.

Une découverte exceptionnelle dans nos régions

Patrick Grootaert explique : "Il est très rare de découvrir une nouvelle espèce pour la science en Belgique. La dernière découverte d’une nouvelle espèce de mouche date d’il y a plus de 20 ans. La faune d’Europe occidentale est la plus répertoriée au monde. Il est difficile de faire encore des découvertes dans nos régions."

Les Drapetis sont des mouches – et donc des diptères – au thorax noir brillant de quelques millimètres maximum. Elles vivent surtout sur les troncs d’arbres et les feuilles, sur lesquelles elles chassent des insectes encore plus petits qu’elles, ainsi que des acariens. À l’œil nu, toutes les espèces se ressemblent. C’est donc sous un microscope que les entomologistes ont comparé les caractères morphologiques (parties génitales, pattes, antennes…) de la mouche récoltée avec les caractères morphologiques des espèces de Drapetis connues. Une comparaison génétique – appelée " DNA barcoding " – a  confirmé que Drapetis bruscellensis est bien une nouvelle espèce. Sa description complète a été publiée dans la revue en libre accès Belgian Journal of Entomology.

Un "hotspot" de biodiversité urbaine

La description de la nouvelle espèce résulte du projet "Objectif 1000" de Bruxelles Environnement (IBGE), pour lequel des biologistes de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et une trentaine de bénévoles ont inventorié les insectes du Jardin Botanique Jean Massart. Il ne leur a pas fallu un an pour atteindre leur objectif de mille espèces répertoriées. Les insectes y abondent, on y retrouve un cinquième de toutes les espèces de capricornes et de charançons recensées en Belgique. En ce qui concerne les syrphides et les coccinelles, il s’agit respectivement d’un quart et d’un tiers des populations recensées. Les chercheurs ont également découvert nombre d’autres espèces jamais observées dans notre pays. En répétant cette inventaire dans les années à venir, les biologistes pourront contrôler l’évolution de ces populations d’insectes.

Un jardin à découvrir ou redécouvrir

Destinées à la recherche, à l'enseignement universitaire et à la vulgarisation scientifique, les collections vivantes du Jardin botanique Jean Massart comprennent près de 2000 espèces végétales.

Le Jardin des plantes médicinales et aromatiques, comptant 300 espèces, est l'un des plus riches de Belgique.

Dans le Jardin évolutif, plus de 600 espèces de plantes à fleurs sont rassemblées par famille, suivant les grandes lignes de l'évolution, depuis les types primitifs (comme le Magnolia) jusqu'aux types les plus évolués (comme la marguerite).

Au Jardin des plantes cultivées, les plantes domestiquées par l'Homme, accompagnées de leurs ancêtres sauvages, sont classées selon leur utilisation. Dans le Verger sont cultivées diverses variétés anciennes de pommiers, poiriers, pruniers, pêchers et cerisiers. L'Arboretum comporte de nombreuses essences exotiques, parmi lesquelles dominent les conifères.

Le Jardin comporte une zone humide érigée en réserve naturelle et incorporée au réseau Natura 2000. Fougères, iris jaune, grande prêle, phragmite, menthe aquatique et bien d'autres plantes de notre région s'y développent à l'état spontané, bordant les sources et mares voisines des étangs du Rouge-Cloître.

Des parcelles expérimentales illustrent des thèmes de recherche développé au laboratoire d'Ecologie végétale et Biogéochimie notamment sur les espèces exotiques envahissantes et sur les espèces résistantes aux pollutions par les métaux lourds.

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